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Les qualités du bon croyant dans le Coran

awkaf-

Allah, le Très-Haut, a envoyé aux humains des Messagers pour les guider vers le droit chemin et pour couper court à leurs excuses auprès d’Allah le Jour Dernier : « Tous ces prophètes ont eu pour mission d’annoncer la bonne nouvelle aux hommes et de les avertir, afin qu’ils n’aient, une fois la mission des prophètes accomplie, aucune excuse à invoquer devant le Seigneur. Dieu est Puissant et Sage[1]. ».

En effet, l’appel des Messagers à adorer Allah est la mission la plus sublime et la plus noble dans l’histoire de l’humanité. Il consiste tout simplement à croire en Dieu, aux anges, aux Livres sacrés, aux Messagers, au Jour Dernier, au destin bon ou mauvais. En vertu de cet appel, le croyant doit faire preuve d’obéissance aux ordres du Seigneur transmis par l’intermédiaire de Son Messager. Notons que connaître Allah est la première étape de la foi : « Sache qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu ! Implore donc le pardon de tes péchés et de ceux des croyants et des croyantes ! Dieu connaît si bien le champ de vos activités sur Terre et votre demeure dans la vie future[2]. ».

La foi en Allah est étroitement liée à l’accomplissement de bonnes œuvres comme l’affirme le Coran dans plusieurs endroits : « Ceux qui croient en Dieu et qui font le bien auront le Paradis pour séjour éternel[3]. », « Mais ceux qui croient et font le bien, Dieu les dirigera en raison de leur foi, et à leurs pieds couleront des ruisseaux dans les Jardins du délice[4]. », « Ceux qui croient et font des œuvres pies auront, pour séjour, les jardins du Paradis[5]. ». Rappelons également que la foi augmente par l’obéissance et diminue par la rébellion aux ordres du Seigneur. Abu Horayra rapporte que le Prophète dit : « La foi est subdivisée en 70 branches. La plus haute consiste dans l’Attestation de foi alors que la plus basse consiste dans l’élimination de ce qui obstrue un chemin. Certes, la pudeur fait partie de la foi. ».

Djibril est venu interroger le Prophète à propos de l’Islam et de la foi dans le but d’apprendre au Musulman comment devenir un bon croyant. ‘Omar Ibn al-Khattab dit : « Alors que nous étions un jour assis auprès du Messager de Dieu, voilà que se présenta à nous un homme dont les vêtements étaient très blanc et les cheveux très noirs. Il ne portait aucune marque de voyage et nul parmi nous ne le connaissait. Il s’avança pour venir s’asseoir, face du Prophète, plaçant ses genoux contre les siens et posant les paumes de ses mains sur ses cuisses. Il dit au Prophète : « Informe-moi, Ô Mohammad, sur l’Islam ! ». Le Messager répondit : « L’Islam consiste à attester qu’il n’y a pas de divinité autre que Dieu et que Mohammad est le Messager de Dieu. Il consiste aussi à observer correctement la prière, à s’acquitter de l’aumône légale (zakat), à faire le jeûne de Ramadan et à effectuer le pèlerinage de la Mecque si on en a les moyens. L’autre dit : « Tu as dit vrai. Nous fûmes étonnés de voir cet homme s’informer auprès de lui et en même temps l’approuver. Puis il dit : « Informe-moi sur la foi ! ». Il lui dit : « La foi consiste aussi à croire à Dieu, en Ses anges, Ses livres, Ses Messagers et au jour dernier. Elle consiste aussi à croire au destin bon ou mauvais. ».

Il dit : « Tu as dit vrai ». Il dit encore : « Informe-moi sur la foi parfaite ! ».

      Il dit : « C’est le fait d’adorer Dieu comme si tu Le voyais, car si toi tu ne Le vois pas, Lui te voit. ».

      Il dit : « Informe-moi sur l’Heure (du Jugement Dernier) ! ».

      Il dit : « Celui qui est interrogé n’en sait pas plus sur elle que celui qui l’interroge. ».

    Il dit : « Informe-moi sur ses signes précurseurs ! ».

     Il dit : « Quand la femme donnera naissance à sa propre maîtresse. Quand tu verras le va-nu-pieds, les déguenillés et les gueux, gardiens de bêtes, se montrer chaque jour plus arrogants dans leurs constructions, voilà les signes de l’Heure. ».

     Puis l’homme partit. Je restai un certain temps (trois jours) à ne rien demander sur cette affaire, puis le Messager de Dieu me dit : « ‘Omar ! Sais-tu qui est celui qui est venu m’interroger ? »

Je dis : « Dieu et Son Messager le savent mieux que moi. ».

Il dit : « C’est l’Ange Gabriel venu vous apprendre votre religion. ».

Parmi les bonnes qualités du bon croyant figure la crainte révérencielle d’Allah : « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le Nom de Dieu est évoqué ; ceux dont la foi augmente quand Ses versets leur sont récités et qui, en tout, s’en remettent à Lui ; [3] ceux qui sont assidus à la salât et qui donnent en aumône une partie des biens que Nous leur avons accordés. [4] Les voilà, les véritables croyants auxquels une place de choix auprès de leur Seigneur sera réservée, ainsi qu’une rémission et une généreuse récompense[6] ! », « Ceux que la crainte de leur Seigneur incite à l’humilité, [58] ceux qui croient aux signes de leur Seigneur, [59] ceux qui n’associent rien à leur Créateur,  [60] ceux qui, en accomplissant leurs actes de piété, sont pénétrés de crainte à l’idée qu’un jour ils retourneront auprès de leur Seigneur, [61] ce sont ceux-là qui courent à l’envi les uns les autres vers les bonnes œuvres et qui sont les premiers à les accomplir[7]. », « Adresse-toi plutôt à celui qui suit le rappel du Coran et redoute le Miséricordieux dans Son mystère. À celui-là annonce le pardon et une généreuse récompense[8] ! ». Dans la sunna, le Prophète n’a pas manqué de jeter la lumière sur cette vertu spirituelle. Motraf rapporte d’après son père qui dit : « J’ai vu le Prophète prier, larmes aux yeux. De sa poitrine émanait un bruit semblable au bouillonnement de la marmite[9]. ».

 Le Prophète avait l’habitude de demander la crainte à Allah, le Très-Haut : « Ô Seigneur ! Avec Ta connaissance de l’invisible et Ton pouvoir sur les créatures, laisse-moi vivre tant que Tu sais que la vie est meilleure pour moi (que la mort) et fais-moi mourir si Tu sais que la mort est meilleure pour moi (que la vie). Ô Seigneur ! Je Te demande la crainte en secret et en public. Je Te demande la parole de vérité dans les moments de satisfaction et de colère. Je Te demande la modération dans les situations de richesse et de pauvreté. Je Te demande un bien-être qui ne s’épuise pas. Je Te demande une jouissance pour les yeux qui ne s’arrête pas. Je Te demande d’être agréé après que Tu aies prononcé Ton Jugement. Je Te demande une vie paisible après la mort. Je te demande la réjouissance de pouvoir voir Ton Visage et le désir ardent de Te rencontrer sans subir aucun dommage qui me nuise, ni de tentation qui m’égare. Ô Seigneur ! Embellis-nous avec la parure de la croyance et rends-nous des guides bien guidés[10]. ».

Dans le même sens, un poète arabe chanta ces vers :

Craint Dieu et invoque-Le dans tes grandes affaires !

Ne te laisse pas dominer par les passions viles pour ne pas en regretter les conséquences !

Entre la crainte et l’espoir mène ta vie !

Mets toujours ta confiance dans le Pardon divin si tu es un bon Musulman !

Le bon croyant est celui qui place toujours sa confiance en Allah aussi bien dans l’adversité que dans la prospérité. Il doit croire qu’à Allah Seul appartient l’acte de donner et de priver et que le bien et le mal sont de Son ressort. En se confiant en Allah, il ne faut pas négliger les moyens qui peuvent aider le croyant à réaliser son dessein. A cet effet, ‘Omar Ibn al-Khattab dit : « J’ai entendu le Prophète dit : « Si vous vous en remettez à Dieu comme il convient de s’en remettre à Lui, Il vous apportera votre subsistance comme Il l’apporte aux oiseaux qui quittent le matin leur nid le ventre creux pour y rentrer le soir le ventre plein[11]. ».

Le bon croyant doit croire que la confiance en Allah ne peut porter ses fruits sans procéder à l’action qui lui assure le succès dans son projet. Mou’àdh Ibn Jabal rapporte : « Le Prophète qui me portait en croupe sur un âne me dit : « Ô Mou’âdh ! Sais-tu quel est le droit de Dieu sur Ses créatures et quel est le droit des créatures sur Dieu ? ».

Je dis : « Dieu et Son Messager le savent mieux que moi. ».

Il dit : « Le droit de Dieu sur les créatures est qu’elles l’adorent sans rien Lui associer; et le droit des créatures sur Dieu est qu’il ne soumette pas au supplice celui qui ne Lui associe rien. »

Je dis : « Ô Messager de Dieu! Puis-je annoncer cette bonne nouvelle aux gens ? »

Il dit : « Ne la leur annonce pas car ils ne compteraient plus sur leurs propres œuvres[12]. ».

Parmi les belles qualités du bon croyant figure l’assiduité à accomplir la prière avec dévouement. A ce sujet, Allah, le Très-Haut, dit : « Bienheureux, en vérité, sont les croyants [2] qui prient avec humilité[13]. ». Dans nombreux versets du Coran, Allah, Exalté soit-Il, ordonne au Musulman d’accomplir la prière qui occupe une place principale dans l’Islam : « Acquittez-vous de la salât, faites la zakat et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent[14]. ». Dans la sunna, le Prophète en fait l’un des cinq piliers de l’Islam : « L’Islam est fondé sur cinq piliers : attester qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Mohamad est Son Messager, accomplir la prière, verser la Zakat et faire le pèlerinage si l’on en a les moyens et jeûner le mois de Ramadan[15]. ».

En effet, la prière doit être accomplie avec dévouement et concentration spirituelle pour l’on en obtienne l’entière récompense. Le fidèle qui se contente d’accomplir machinalement la prière sans aucune méditation n’obtient rien en échange. A cet effet, Abu Horayra rapporte que le Prophète dit : « Il se peut que le fidèle pense faire des prières surérogatoires de nuit et il ne gagne de cela que la veille et il se peut que le fidèle pense faire le jeûne et il ne gagne de cela que la faim et la soif[16]. ».

La prière accomplie avec dévouement sert le croyant de rempart contre le mal, les péchés et les turpitudes et enracine en lui les bonnes qualités et la belle conduite : « Accomplis la salât, car la salât préserve des turpitudes et des actes blâmables[17]. ». Mettant l’accent sur l’obligation d’accomplir la prière avec zèle et réflexion pieuse, le Prophète dit dans le hadith rapporté par Anas Ibn Malek : « Qu’ont donc certaines

gens à lever leurs regards vers le ciel durant la prière ?! ». Le Prophète ne cessa pas de leur reprocher durement cet acte jusqu’à dire : « Ou bien ils cessent de le faire, ou bien Allah leur enlèvera sûrement la vue[18]. ».

Parmi les caractères du bon croyant figure également la charité dans la cause divine. Ibn ‘Omar rapporte que le Prophète dit : « La main supérieure (celle qui donne) est meilleure que la main inférieure (celle qui reçoit). Commence par ceux qui sont à ta charge. La meilleure aumône est celle qui ne laisse pas celui qui la fait dans le besoin. Celui qui est jaloux de sa dignité, Dieu la lui préserve ; et celui qui se passe de l’aide des autres, Dieu le met au-dessus du besoin. ».

Abu Mas’oud al-Badri rapporte que le Prophète dit : « Pourvoir aux besoins de sa famille est aussi un acte de charité[19]. ».

Le fidèle doit croire que la fortune est un dépôt confié à lui par Allah le Très-Haut et qu’il doit en consacrer une partie dans les œuvres de charité. Abu Horayra rapporte que le prophète dit : « Alors qu’un homme marchait dans une terre aride, il entendit tout à coup une voix s’adressant à un nuage: «Arrose le jardin d’untel». Aussitôt le nuage se déplaça et déversa son eau dans un terrain couvert de pierres noires. Une rigole recueillit toute cette eau. L’homme suivit le parcours de la rigole et trouva un homme debout dans son jardin, détournant l’eau avec sa houe. Il lui dit: « O esclave de Dieu! Quel est ton nom?» Il dit: «Untel» (le nom prononcé par la voix). Puis il lui dit: «O esclave de Dieu ! Pourquoi me demandes-tu mon nom? » Il dit: «J’ai entendu une voix dans le nuage dont voici l’eau dire: «Arrose le jardin d’untel (ton nom)». Comment donc gères-tu ton jardin?» Il dit: «Maintenant que tu m’as dit cela, sache que j’attends ce qui pousse de cette terre, je fais aumône de son tiers, je mange le deuxième tiers et je remets en terre le reste. ».

Dans nombreux versets, Allah a fait mention d’autres qualités dont le bon croyant doit se parer : « Bienheureux, en vérité, sont les croyants [2] qui prient avec humilité, [3] qui dédaignent toute futilité, [4] qui s’acquittent de la zakat, [5] qui s’abstiennent de tout rapport charnel, [6] sauf avec leurs épouses ou leurs esclaves, en quoi ils ne sont pas à blâmer, [7] car seuls sont coupables de transgression ceux qui recherchent d’autres unions ; [8] bienheureux sont ceux qui respectent les dépôts qui leur sont confiés ainsi que leurs engagements, [9] et qui s’acquittent régulièrement de leurs prières salât ! [10] Ce sont ceux-là les véritables héritiers [11] auxquels échoira le Paradis pour l’éternité[20]. ».

Il incombe alors à chacun d’entre nous de se parer des bonnes qualités mentionnées dans le Coran pour qu’il obtienne le salut dans la vie d’ici-bas et dans celle de l’au-delà. Le bon croyant est celui dont la foi lui sert de protection contre toute forme de déviation, de fanatisme et de rigorisme. Le bon croyant est celui qui aime le bien pour tout le monde et qui s’abstient de rendre un faux témoignage et de proférer des paroles mensongères. Anas Ibn Malek rapporte que le Prophète interrogea Haretha Ibn an-No’man en disant : « Le vrai croyant est en mesure de donner la preuve de sa véritable foi. Quelle est la preuve de ta foi ? ». Il répondit : « Je me suis entièrement détourné de ce monde tout comme si je voyais le trône de mon Seigneur, regardais les bienheureux jouir des délices du paradis et les damnés goûter aux supplices du feu. ». Le Prophète lui dit alors : « Tu as acquis la réelle connaissance. Ne t’en écarte pas ! ».

Le bon croyant est celui doté de l’honnêteté, de la fidélité, de la générosité, de la pudeur, de la rectitude, de la tolérance, de la justice, de la bienfaisance, de l’abnégation, etc. comme l’indiquent ces versets coraniques : « Ô croyants ! Craignez Dieu et joignez-vous à ceux qui sont véridiques[21] ! », « Ceux qui gardent fidèlement les dépôts qu’on leur confie et qui respectent la foi jurée[22]. », « La piété, c’est croire en Dieu, au Jugement dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes ; la piété, c’est donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – aux proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs et aux mendiants ; la piété, c’est aussi racheter les captifs, accomplir la salât, s’acquitter de la zakat, demeurer fidèle à ses engagements, se montrer patient dans l’adversité, dans le malheur et face au péril. Telles sont les vertus qui caractérisent les croyants pieux et sincères[23] ! ».

Allah a réservé aux croyants dotés de ces belles qualités une récompense généreuse à l’au-delà : « Ceux qui croient et font des œuvres pies auront, pour séjour, les jardins du Paradis, [108] où ils demeureront éternellement, sans jamais désirer aucun changement[24]. »

[1] Coran, an-Nissa, 165.

[2] Coran, Muhammad, 19.

[3] Coran, al-Baqara, 82.

[4] Coran, Younes, 9.

[5] Coran, al-Kahf, 107.

[6] Coran, al-Anfal, 2, 4.

[7] Coran, al-Mo’minoun, 57-60.

[8] Coran, Yassin, 11.

[9] Rapporté par Ibn Khozayma.

[10] Rapporté par Ahmad.

[11] Rapporté par at-Termizi.

[12] Rapporté par Muslim.

[13] Coran, al-Mo’minoun, 1,2.

[14] Coran, al-Baqara, 43.

[15] Rapporté par al-Boukhari et Muslim.

[16] Sunan al-Bayhaqi.

[17] Coran, al-‘Ankabout, 45.

[18] Rapporté par al-Boukhari.

[19] Rapporté par Muslim.

[20] Coran, al-Mo’minoun, 1, 11.

[21] Coran, at-Tawba, 219.

[22] Coran, al-Ma’arej, 32.

[23] Coran, al-Baqara, 177.

[24] Coran, al-Kahf, 107-109.

Le droit de l’enfant à l’éducation et à la bonne formation

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Donner un enfant à l’homme est un bienfait qu’Allah accorde à qui Il veut. Ce don divin, qui réjouit les cœurs, vise à assurer la continuité du genre humain : « A Allah appartient la royauté des cieux et de la terre. Il crée ce qu’Il veut. Il fait don de filles à qui Il veut, et don de garçons à qui Il veut, ou bien Il donne à la fois garçons et filles ; et Il rend stérile qui Il veut. Il est certes Omniscient et Omnipotent[1]. »

. L’enfant, pour ses deux parents, est la source de leur bonheur et de leur réjouissance dans la vie : « Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance[2]. »

 Ce bienfait généreux exige de faire preuve de gratitude et de reconnaissance à l’égard du Seigneur comme l’avait fait le Prophète Ibrahim après avoir été comblé de ce don divin : « Louange à Dieu ! Dans ma vieillesse, Il m’a donné Ismaël et Isaac ! – Mon Seigneur est Celui qui exauce la prière – Mon Seigneur ! Fais que je m’acquitte de la prière, moi, ainsi que ma descendance. Exauce ma prière, ô Notre Seigneur[3] ! ». Remercier Allah pour ce bienfait en assure certes la continuité comme l’indique ce verset coranique : « Votre Seigneur ne vous a-t-Il pas prévenus, en disant : “J’augmenterai Ma grâce, si vous êtes reconnaissants[4]. ». Il faut prendre soin de la bonne formation de l’enfant dans l’espoir de voir naitre une génération qui observe les droits d’Allah et respecte les droits des parents, de la patrie et de la société.

L’Islam accorde un intérêt particulier à l’éducation de l’enfant pour lui assurer une vie heureuse dans l’ici-bas et à l’au-delà. Il s’intéresse même au milieu où il doit être élevé. Il recommande à l’homme de choisir une épouse pieuse pour que l’enfant soit élevé dans une atmosphère islamique où règne le bonheur familial. A ce propos, le Prophète dit : « Choisis la femme pieuse ainsi tu seras gagnant. ».

L’Islam s’est intéressé au sujet de l’enfant avant l’apparition des organisations internationales qui défendent les droits de l’enfant. L’intérêt porté par l’Islam à ce sujet s’explique par le fait que l’enfance est une phase importante et critique dans la vie de l’être humain ; car il s’agit d’une phase préparatoire à la maturité et à la formation de la personnalité. L’Islam a établi les législations qui protègent les droits de l’enfant pour qu’il puisse être un membre efficace dans sa famille et la société toute entière. Le soin accordé par l’Islam à l’enfant commence dès son développement dans le ventre de sa mère. Il lui assure des droits qui doivent être respectés par les deux parents et interdit toute atteinte à son être durant sa vie fœtale. Il a interdit l’avortement et imposé à la femme enceinte de prendre soin de son fœtus tout au long de la période de la grossesse. Il a permis à la femme enceinte de rompre le jeûne de Ramadan si elle a des craintes pour la santé du fœtus. Anas rapporte que le Prophète dit :

 « Allah autorise au voyageur de raccourcir la prière et à l’enceinte et à la nourrice de rompre le jeûne[5]. ».

 De plus, l’Islam recommande aux deux parents de bien choisir le nom de leur enfant. A ce propos, Abu ad-Darda’ rapporte que le Prophète dit : « Au jour du Jugement Dernier, vous serez appelés par vos prénoms et les prénoms de vos parents. Choisissez donc bien vos prénoms ! ». Dans le même sens, Nafi rapporte d’après Ibn ‘Omar que le Prophète dit : « Les prénoms les plus préférés pour Allah sont ‘Abdullah et ‘Abdul Rahman[6]. ».  L’Islam a institué des rites à observer à la naissance d’un enfant : « Le sacrifice (‘Aqiqa) à l’occasion de la naissance d’un enfant doit avoir lieu le septième jour de la naissance où on lui rase la tête et on lui donne un nom[7]. ». Le Prophète réprouvait les mauvais noms qui provoquent le dégoût : « Ne donnez pas à vos enfants le nom Rabaha, Yasara, Aflaha ou Nafi’a[8]. ». En effet, L’Islam nous interdit de donner un mauvais nom à l’enfant pour ne pas le choquer et ébranler la confiance en soi. Un homme vint voir Omar Ibn al-Khattab pour se plaindre de son fils désobéissant. Omar fit venir le fils et le mit en garde contre le fait de désobéir à son père.

– « Ô Emir des Croyants, un fils n’a-t-il pas des droits sur son père ? », dit le fils.

         – « Si », répondit Omar.

         – « Lesquels, ô Emir des Croyants ? ».

  – « Il doit bien choisir sa mère, lui donner un nom convenable et lui apprendre le Coran. », dit Omar.

– « Mon père n’a rien fait de tout cela. Ma mère est une esclave dont l’ancien maitre est un adorateur du Feu. De surcroit, il m’a appelé Djo’l (scarabée) et il ne m’a rien appris du Coran, pas même une seule lettre. », rétorqua le fils.

Omar se tourna alors vers l’homme et lui dit : « Tu es venu te plaindre de l’ingratitude de ton fils. Mais avant qu’il ne soit ingrat envers toi, tu as fait preuve d’ingratitude envers lui et tu lui as fait du mal avant qu’il ne t’en fasse. ».

Sofiane ath-Thawry dit : « Le droit de l’enfant sur son père, c’est de lui choisir un beau nom, de le marier une fois devenu pubère et de l’éduquer bien. ». Sans doute, le beau nom donné à l’enfant l’aide à mener une vie non troublée par la moquerie et la raillerie et lui assure la quiétude psychologique et la paix intérieure.

En outre, l’Islam a déterminé la période de l’allaitement dont doit profiter l’enfant. A ce propos, Allah, le Très-Haut, dit dans le Coran : « Les mères qui veulent parfaire l’allaitement de leurs bébés les allaiteront deux années entières. Le père de l’enfant est tenu de pourvoir à la nourriture et à l’habillement de la mère d’une manière convenable. Mais à l’impossible nul n’est tenu, et un enfant ne doit pas être une source d’ennuis pour la mère ni pour le père. La même obligation incombera, le cas échéant, aux héritiers du père. Si les parents décident d’un commun accord de sevrer leur enfant, cela n’implique aucun inconvénient. De même qu’aucune faute ne vous sera imputée, si vous mettez votre enfant en nourrice, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue. Craignez Dieu, et sachez qu’Il voit parfaitement ce que vous faites[9] ! ».

Dans ce verset, Allah, Exalté soit-Il, ordonne à la mère d’allaiter son enfant pour une période de deux ans. Dans cet âge, l’enfant a besoin d’une nutrition propre à lui et qui est de nature à bien former son corps ; sachant que le lait de la mère est le plus nourrissant et le plus approprié à la nutrition de l’enfant. Mais si la mère est empêchée par la maladie d’allaiter son bébé ou bien l’enfant s’abstient de prendre le sein de sa mère, dans ce cas, le père doit chercher une nourrice pour son enfant contre un salaire. Un nombre d’études médicales et psychologiques prouvent que la période d’allaitement désignée par l’Islam est nécessaire pour que le développement physique et psychique de l’enfant se réalise d’une façon exemplaire. Ces études prouvent également que durant cette période l’enfant, attaché à sa mère, goûte la tendresse, la quiétude et la paix intérieure.

En élevant l’enfant, il faut être tendre à son égard et éviter de le rudoyer. La mère des croyants Aicha rapporte que le Prophète lui dit : « O Aicha ! Dieu est doux et Il aime la douceur. Il donne pour la douceur ce qu’il ne donne pas pour la violence ni pour toute autre chose. ». En effet, la correction corporelle sème souvent la haine dans l’esprit de l’enfant et fait de lui une personne rebelle aux conseils de son éducateur. On rapporte quelques hadiths où le Prophète avait l’habitude de chatouiller ses petits-fils al-Hassan et al-Hussein et de les porter sur ses épaules. Toujours le Prophète adoptait la douceur et la tendresse dans toute sa conduite. Ibn Burayda rapporte d’après son père ce hadith : « Un jour pendant que le Prophète prêchait du haut de son minbar que ses petits-fils al-Hassan et al-Hussein sont entrés dans la mosquée en trébuchant. Le Prophète est descendu pour les porter en murmurant cette parole divine : « Certes comme l’a dit notre Seigneur : « Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation pour vous[10]. ». S’adressant aux fidèles, le Prophète dit : « J’ai vu mes petits marcher en trébuchant. Hors de moi, je me suis vu descendre pour les porter[11]. ».

L’éducateur, père, mère ou autre, doit suivre l’exemple du Prophète et adopter à l’égard de l’enfant une conduite douce et tendre. Il doit corriger ses fautes avec sagesse et habileté et éviter, en le corrigeant, de le brutaliser. La correction physique enracine dans l’enfant la peur, la lâcheté, la timidité excessive et l’hésitation et lui cause des troubles psychologiques très graves. Al-Ahnaf Ibn Qays dit : « Ne sois pas rigide à l’égard de ton enfant pour qu’il n’espère te voir disparaitre de sa vie. ». Pourtant, la punition s’avère parfois importante ; mais elle ne doit pas être adoptée à chaque faute commise par l’enfant.

L’Islam nous recommande également d’établir l’égalité entre nos enfants. En effet, la justice et l’égalité représentent un principe islamique fondamental comme l’indique bien ce verset coranique : « Ô vous qui croyez ! Soyez fermes dans l’accomplissement de vos devoirs envers Dieu, et impartiaux quand vous êtes appelés à témoigner ! Que l’aversion que vous ressentez pour certaines personnes ne vous incite pas à commettre des injustices ! Soyez équitables, vous n’en serez que plus proches de la piété ! Craignez Dieu ! Dieu est si bien Informé de ce que vous faites[12]. ».

Le Prophète ordonne aux deux parents d’adopter ce principe en se comportant avec leurs enfants. Al-Nu’mân Ibn Bachir rapporte : « Mon père m’offrit quelque chose et ‘Umra Bent Rawâha, ma mère, lui dit : « Je n’accepterai cela qu’une fois que tu auras fait témoigner le Messager d’Allah de ton geste. ». Mon père se rendit alors auprès du Messager d’Allah et lui dit : « J’ai offert quelque chose au fils que j’ai avec ‘Umra Bent Rawâha, mais cette dernière m’ordonna de te faire témoigner de mon geste, O Messager d’Allah. ». Le Prophète lui demanda : « As-tu donné la même chose à tes autres enfants ? » – « Non. », répondit-il. Le Prophète dit alors : « Craignez Allah et soyez équitables avec vos enfants[13]. ».

L’équité à l’égard des enfants enracine en eux la valeur de la fraternité et fait d’eux des membres efficaces dans la société. En revanche, l’iniquité à leur égard fait d’eux des enfants désobéissants à leurs parentes et sème dans leur esprit une haine réciproque. Un nombre d’études psychologiques prouvent que les troubles psychiques et sociaux qui frappent l’enfant sont dus à son sentiment d’injustice et d’inégalité.  L’histoire du Prophète Youssef et de ses frères en est une remarque révélatrice : « Joseph et son frère sont plus chers à notre père que nous, bien que nous soyons plus nombreux qu’eux. C’est là une préférence injuste de sa part. Tuez donc Joseph, dirent-ils, ou éloignez-le quelque part, et de cette façon vous jouirez tout seuls de l’affection de votre père et vous serez, après sa disparition, des gens bien considérés[14]. ».

L’Islam ordonne également aux deux parents de donner à l’enfant une éducation religieuse qui le met à l’abri des tentations et des voies du mal : « Ô vous qui croyez ! Préservez vos personnes et vos familles de l’Enfer qui se nourrit d’hommes et de pierres, et dont la garde est assurée par des anges inflexibles et sévères, qui ne désobéissent jamais à leur Seigneur et qui exécutent tout ce qu’Il leur ordonne[15]. ».

Apprendre à l’enfant les enseignements et les principes religieux est une obligation religieuse et fait partie des droits de l’enfant sur ses deux parents. Dans ce sens, Ibn ‘Abass nous rapporte ce hadith : « Un Compagnon dit au Messager d’Allah : « O Messager d’Allah ! Nous avons déjà appris les droits des parents sur leur enfant ; mais nous ne savons pas encore les droits de l’enfant sur ses deux parents. », et le Messager de répondre : « C’est de lui donner un beau nom et de l’éduquer bien. ».

L’éducation donnée à l’enfant doit se faire avec douceur et délicatesse comme le faisait le Prophète. Ibn ‘Abass dit : « J’étais une fois assis en croupe sur la monture du Prophète quand il me dit : « Jeune homme ! Je vais t’enseigner ces quelques paroles : Observe les commandements de Dieu et Dieu te préservera. Observe les commandements de Dieu et tu trouveras Dieu à tes côtés. Quand tu demandes quelque chose, demande-la à Dieu. Quand tu as besoin d’aide, demande-la à Dieu. Sache que si tout le monde s’associait pour te faire du bien, ils ne pourront le faire que le bien que Dieu a déjà écrit pour toi. Que s’ils se coalisaient tous pour te faire du mal, ils ne pourraient te faire que le mal que Dieu a déjà écrit pour toi. Les plumes du destin se sont depuis longtemps arrêtés d’écrire et l’encre des pages (du destin) est désormais bien sèche[16]. ». Dans un autre hadith, le Prophète met l’accent sur l’importance de la douceur en éduquant l’enfant : « Alors que j’étais enfant sous la charge du Prophète, [durant un repas,] ma main se promenait autour du plat, le Prophète me reprit en ces termes : « O enfant, mentionne le Nom de Dieu [avant de commencer], mange de la main droite et mange ce qui se trouve devant toi[17]. ».

L’imam al-Ghazali dit : « L’enfant est un dépôt confié aux deux parents. Il est né pur et innocent. Il faut l’habituer à faire le bien pour qu’il soit heureux dans la vie d’ici -bas et dans celle de l’au-delà. ».  Donc, les parents ou l’éducateur doivent être, pour l’enfant, un exemple à suivre. Ils doivent se parer de bons caractères et être conscients que l’enfant imite leur conduite, bonne ou mauvaise. A cet effet, un poète arabe dit :

La conduite de l’enfant est le reflet de ce que ses deux parents lui ont déjà appris.

 Il est à noter également que l’enseignant à l’école joue un rôle important dans l’éducation de l’enfant. Il représente, en fait, les valeurs de la société et il doit éduquer les enfants sur les valeurs et les traditions de la société où ils vivent. En effet, la bonne formation de l’enfant est la responsabilité de toute la société et il incombe à chacun de nous d’assumer bien cette responsabilité sociale : « Vous êtes tous comme des bergers à qui on demanderait compte de leurs troupeaux. Le chef est un berger, l’homme est le berger de sa propre famille, la femme est la bergère de la maison de son mari et de ses enfants. Vous êtes tous bergers et vous êtes tous responsables de l’objet de votre garde[18]. ».

Enfin, nous devons aspirer à un avenir meilleur pour nous et nos enfants. Nous ne pouvons pas vivre sans espoir. Le pessimisme, la déception, le découragement sont au regard de l’Islam des péchés majeurs comme l’indique bien ce hadith : ‘Abdullah Ibn ‘Abass rapporte qu’un homme est venu interroger le Prophète : « O Messager d’Allah ! Quels sont les péchés majeurs ? », « Donner à Allah un associé et désespérer de Sa bonté et Sa miséricorde. Quiconque s’en met à l’abri entrera certes au Paradis. ».

[1] Coran, ach-Chura, 49-50

[2] Coran, al-Kahf, 46.

[3] Coran, Ibrahim, 39-40.

[4] Coran, Ibrahim, 7.

[5] Rapporté par An-Nassai.

[6] Sunan Abu Daoud.

[7] Sunan at-Termizi.

[8] Sahih Muslim.

[9] Coran, al-Baqara, 233.

[10] Coran, at-Tagaboun, 15.

[11] Sunan an-Nissai.

[12] Coran, al-Ma’ida, 8.

[13] Rapporté par al-Boukhari.

[14] Coran, Youssef, 8, 9.

[15] Coran, at-Tahrim, 6.

[16] Rapporté par at-Termizi.

[17] Rapporté par Muslim.

[18] Recueil d’al-Boukhari.

Notre devoir envers le Coran
Le 3 Djamadah al-Oula 1437 H (12/2/2016).

awkaf-

Le Coran est le miracle ultime et perpétuel de l’Islam. Les hommes et les djinns se sont avérés incapables de faire une chose pareille :

 « Si les hommes et les djinns se concertaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient y parvenir, même s’ils se prêtaient mutuellement assistance[1]. ».

  Ils étaient même incapables de produire dix ou même une seule sourate aussi miraculeuse :

 « Diront-ils : « C’est Muhammad qui a inventé ce Coran ! » Réponds- leur : « Eh bien ! Inventez vous-mêmes dix sourates pareilles ! Et faites- vous aider par qui vous pourrez, hormis Dieu, si vous êtes véridiques[2] ! », « Et si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, essayez donc de composer une seule sourate semblable à une sourate du Coran, et faites venir les témoins que vous vous êtes donnés en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques[3]. ».

 Le Coran a été révélé par Allah à Son Prophète Mohamad pour guider les gens vers le droit chemin et donner à la vie un sens plus sublime. Il est, pour les Musulmans, la constitution qui éclaircit l’esprit, purifie l’âme et inspire la bonne moralité. A ce propos, Allah, le Très-Haut, dit :

 « [1] Alif – Lâm – Mîm.  [2] Voici le Livre qui n’est sujet à aucun doute. C’est un guide pour ceux qui craignent le Seigneur ; [3] ceux qui croient à l’invisible, qui s’acquittent de la salât et qui effectuent des œuvres charitables sur les biens que Nous leur avons accordés[4]. », « En vérité, ce Coran conduit vers la voie la plus droite ; et annonce à ceux qui croient et font le bien qu’ils auront une belle récompense[5]. ».

 Quiconque s’attache à ce Coran se met à l’abri des tentations, retrouve son âme croyante et la lumière qui le guide vers le droit chemin. A cet effet, Allah, Exalté soit-Il, dit :

 « Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un Esprit le Coran par un effet de Notre ordre, alors qu’auparavant tu ne connaissais ni l’Écriture ni la foi. Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et toi, en vérité, c’est vers la Voie droite que tu guides les hommes, [53] vers la Voie de Dieu, le Maître de ce qui est dans les Cieux et sur la Terre, et vers Lequel inéluctablement tout fera retour[6]. ».

 Très émus à l’écoute du style éloquent et miraculeux du Coran, quelques djinns ont fini par y croire et se soumettre solennellement à ses enseignements qui guident vers le droit chemin. De retour chez eux, ces djinns, comme l’indique le Coran, sont allés en informer leur peuple :

 « Souviens-toi de ce groupe de djinns que Nous dirigeâmes vers toi pour entendre réciter le Coran et qui, une fois en ta présence, dirent : « Soyons attentifs ! » Et quand la lecture fut achevée, ils s’en retournèrent auprès des leurs pour les avertir. [30] « Ô notre peuple, dirent-ils, nous venons d’entendre un Livre révélé après Moïse, qui confirme les Écritures anciennes, mène tout droit à la Vérité et conduit à la voie de la rectitude ! [31] Ô notre peuple ! Répondez à l’Apôtre de Dieu et croyez en lui ! Dieu absoudra une partie de vos péchés et vous épargnera de cruels tourments. [32] Ceux qui ne répondent pas à l’appel de Dieu ne sauraient ni défier la puissance du Seigneur sur Terre ni trouver d’alliés en dehors de Lui. Ceux-là sont manifestement des égarés[7]. ».

 Les anges s’émouvaient également à l’écoute du Coran. Ousayd Ibn Houdayr rapporta qu’il récitait le soir la sourate al-Baqara. Son cheval était attaché à côté de lui quand soudain celui-ci trépigna. Il se tût et le cheval se calma, mais quand il reprit la récitation, le cheval trépigna de nouveau. Il s’arrêta et le cheval se calma. Il recommença de nouveau et le cheval devint agité. Il s’arrêta alors. Son fils Yahya se trouvait près du cheval et il avait peur que le cheval ne le blessât. Il éloigna le garçon du cheval et leva sa tête vers le ciel pour voir ce qui agitait la bête. Le lendemain matin, Ousayd alla en informer le Prophète qui lui dit à deux reprises : « Tu aurais dû continuer la récitation. ». Mais, reprit Ousayd, ô messager d’Allah, Yahya, mon fils, était proche du cheval, j’avais peur qu’il ne soit blessé, je me levais et me dirigeais vers lui, puis, je levais mon regard vers le ciel et vit quelque chose qui ressemblait à une ombre contenant ce qui ressemblait à des lustres et qui se dissipa peu à peu jusqu’à ce que je ne la voyais plus. Le Prophète dit « Sais-tu ce que c’était ? » « Non », « C’était des anges qui s’approchaient de toi pour entendre ta voix et si tu avais continué à réciter jusqu’au matin, les gens les auraient vus, ils ne se seraient pas cachés d’eux[8]. ».

 Allah, le Très-Haut, se porte garant de la sauvegarde de Sa Parole sacrée contre l’altération et la falsification. A cet effet, Il dit :

 « Nous avons révélé le Coran et nous nous portons garant de sa sauvegarde[9]. ».

 Le Coran est la parole véridique. Quiconque le met en pratique en sera récompensé, quiconque juge d’après lui est juste et quiconque appelle les gens à y croire les guide par-là vers le droit chemin. Le Coran est une miséricorde ou bien un remède aux maux. A ce sujet, Allah dit :

 « Ce Coran que Nous révélons apporte aux croyants guérison et miséricorde[10]. ».

 Les nombreux noms glorieux donnés au Coran reflètent certainement la place méritoire qu’il occupe dans l’esprit des fidèles :

  « C’est un Livre aux versets solidement établis, suffisamment détaillés, émanant d’un Sage parfaitement Informé[11]. », « Ceux qui ont rejeté le Coran, quand il leur est parvenu, ne savaient pas que ce Livre est d’une valeur inestimable, [42] inaccessible à toute erreur, d’où qu’elle vienne, en tant que Révélation émanant d’un Sage, Digne de louange[12]. ».

 Le Prophète Mohammad nous a parlé aussi de nombreuses vertus et des bienfaits généreux du Coran dans la vie d’ici-bas et dans celle de l’au-delà. De ces vertus, on peut mentionner par exemple :

 _ Le Coran élève le rang du fidèle : « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et qui le fait apprendre[13]. ». ‘Abdullah Ibn ‘Omar rapporte que le Prophète dit : « Le Jour Dernier, on dira au lecteur assidu du Coran : « Lis et monte (les degrés du Paradis). Récite clairement comme tu le faisais dans le bas-monde. Ta place au Paradis te sera fixée au dernier verset que tu liras[14]. ».

 _ Le Coran intercède en faveur de ses fidèles récitateurs : « Récite le Coran ; car il viendra, le Jour Dernier, intercéder en faveur de ses fidèles récitateurs[15]. ».

 _ Allah accorde une récompense généreuse à la personne qui récite le Coran : « Quiconque prononce une seule lettre du Coran fait par-là une bonne action qui, auprès d’Allah, a dix fois son salaire. Je ne dis pas que « Alif Lam Mim » est une lettre, mais Alif (أ) est une lettre, Lam (ل) est une lettre et Mim (م) est une lettre[16]. ».

 _ La maison où on récite le Coran est toujours animée de vie et de bonheur : Abu Horayra rapporte que le Prophète dit : « Ne faites pas de vos demeures des endroits muets comme des tombes ; car Satan fuit la maison où la sourate al-Baqara est récitée[17]. ».

 Dans le même sens, Ibn Sirine dit : « La maison où le Coran est récité est toujours fréquentée par les anges, abandonnées par les démons et comblée de bienfaits et d’aisance.  Par contre, la maison où on ne récite pas du Coran est fréquentée par les démons, abandonnée par les anges et frappée d’indigence[18]. ».

 En jetant un regard réfléchi sur l’attitude des Compagnons du Prophète envers le Coran, on peut découvrir qu’ils ne se contentaient pas de la simple récitation ou de la simple écoute ; mais ils s’y attachaient corps et âme et mettaient ses enseignements en pratique. ‘Omar Ibn al-Khattab a appris par cœur la sourate al-Baqara au cours de 8 ans, ce qui nous faisait croire qu’il était faible en mémoire. Pas du tout. A peine terminait-il la mémorisation d’un verset qu’il reportait plus tard la mémorisation du verset suivant jusqu’à ce qu’il mettait ce qu’il venait de mémoriser en pratique. A cet égard, ‘Abdul Rahman as-Salmi dit : « Après avoir appris par cœur dix versets du Coran, nous cessions de mémoriser d’autres jusqu’à ce que nous mettions ce que nous venions d’apprendre en pratique[19]. ».

 Les Compagnons comprenaient bien les sens visés par les versets coraniques. Ils s’empressaient d’obéir à Allah et d’éviter Ses interdits. Au moment où on a fait proclamer dans la ville l’interdiction de consommer du vin, les Compagnons ont répondu tout de suite à l’ordre divin. Les bouteilles de vin ont été jetés par terre, les bouches ont craché le liquide vineux, les grands jarres de vin ont été renversés et cassés en plein rue. De toutes les rues de Médine s’exhalait l’odeur du vin versé.

 Également, les Compagnons ont fait preuve de soumission exemplaire à cet ordre divin :

 « Vous n’atteindrez la vraie piété qu’en faisant aumône d’une part des biens que vous aimez. Et quelque aumône que vous fassiez, Dieu en est parfaitement Informé[20]. ».

 Abu ad-Dahdah a fixé son choix sur le jardin le plus joli et le plus cher pour lui afin d’en faire aumône pour la satisfaction d’Allah. En vérité, le Coran, pour les Compagnons, n’était pas une simple parole à réciter ; mais plutôt un mode de vie à suivre sur le plan dogmatique, éthique et pédagogique.

 Allah, le Très-Haut, a réservé aux fidèles qui s’intéressent au Coran une place très distinguée. Anas Ibn Malek rapporte que le Prophète dit :

 « Allah préfère une catégorie de personnes. », « Laquelle ô Messager d’Allah ? Interrogèrent les Compagnons. « Les Gens du Coran. Ce sont les plus proches et les plus privilégiés auprès de Lui[21]. ».

Quel honneur d’être parmi les privilégiés du Seigneur et d’occuper cette place honorable !

 Notre devoir envers le Coran :

    Il faut apprendre le Coran et le faire apprendre à autrui. Il faut le réciter assidûment et étudier ses enseignements. Les meilleurs des gens sont ceux qui ont pris pour mission de l’apprendre parfaitement pour l’enseigner aux gens. A ce propos, le Prophète dit :

 « Les meilleurs parmi vous sont ceux qui apprennent le Coran et tâchent de l’enseigner aux gens. ». Abu Moussa rapporte que le Prophète dit : « Gardez bien le Coran en mémoire ! Je jure par Celui qui détient mon âme dans Ses mains qu’on risque toujours de l’oublier aussi vite que le chameau qui s’échappe de son enclos[22]. ».

 En effet, le Coran est l’un des composants de la personnalité musulmane et la source dont le Musulman dégage les enseignements et l’éthique de sa religion. Il incombe donc à tout Musulman et à toute Musulmane d’apprendre bien ses règles de récitation et d’écarter la pensée qu’il s’agit d’une tâche pénible. Plusieurs sont les personnes qui ont essuyé toutes les peines du monde pour apprendre une langue étrangère ou une science quelconque dans l’espoir d’occuper un poste leur assurant un bon salaire. Ces personnes-là trouvent-elles l’apprentissage du Coran plus pénible que l’apprentissage d’une nouvelle langue ?! Aicha rapporte que le Prophète dit :

« Celui qui récite le Coran parfaitement sera en compagnie des généreux anges et celui qui le lit avec difficulté aura deux récompenses[23]. ».

 Allah, Exalté soit-Il, nous a facilité la récitation et la compréhension du Coran comme l’indique bien ce verset :

 « Nous avons fait du Coran une œuvre facile à comprendre pour qu’il serve de rappel. Seulement est-il quelqu’un pour méditer ce rappel[24] ? ».

 Il faut également méditer les versets coraniques comme s’ils se révèlent à l’instant à leur récitateur. Notre devoir envers le Coran ne doit pas être limité à la simple récitation de ses versets ; mais nous devons goûter sa douceur et sentir sa grandeur. Allah dit :

 « Que ne méditent-ils le Coran ? Auraient-ils les cœurs complètement verrouillés[25] ? », « Ne méditent-ils donc jamais le Coran ? S’il émanait d’un autre que Dieu, n’y trouveraient- ils pas de multiples contradictions[26] ? ».

 En effet, les récitateurs du Coran les plus récompensés auprès d’Allah sont ceux qui, en récitant, méditent ses sens :

 « C’est un Livre béni que Nous t’avons révélé afin que les hommes de bon sens en méditent les versets et s’y arrêtent pour réfléchir[27]. ».

  Allah n’a-t-Il pas fait l’éloge du lecteur du Coran qui consolide sa foi par la méditation constante sur ses sens sublimes :

 « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le Nom de Dieu est évoqué ; ceux dont la foi augmente quand Ses versets leur sont récités et qui, en tout, s’en remettent à Lui[28]. ». De son côté, Ibn ‘Abass dit : « Quiconque récite le Coran et applique ses enseignements se met à l’abri de la déviation dans la vie d’ici-bas et du malheur dans la vie de l’au-delà. C’est, en effet, une promesse divine comme le démontre bien ces versets : « Quittez tous ces lieux, dit le Seigneur, vous serez ennemis les uns des autres. Attendez-vous à recevoir Mes directives. Celui qui les suivra ne sera ni égaré ni malheureux, [124] tandis que celui qui s’en détournera mènera une vie pleine d’amertume et sera frappé de cécité, lorsque Nous le ressusciterons, le Jour du Jugement dernier. » [125] – « Seigneur, dira-t-il, pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle alors que sur Terre je voyais ? » [126] – « Il en est ainsi, lui dira le Seigneur. Nous t’avons bien envoyé Nos preuves et tu les as négligées ; eh bien, c’est ton tour, à toi d’être négligé ! ».

 En outre, le lecteur du Coran doit se conformer à ses valeurs morales et à ses enseignements éthiques. Ainsi, peut-il se libérer de ses passions dominantes et de ses désirs débridés : « En vérité, ce Coran conduit vers la voie la plus droite ; et annonce à ceux qui croient et font le bien qu’ils auront une belle récompense[29]. ». Dans ce domaine important, il faut prendre pour exemple le Prophète qui se conformait, en toute situation, aux enseignements du Coran comme l’indique la Mère des croyants Aicha : « Son comportement était parfaitement conforme au Coran[30]. ».

 Nous devons accomplir les ordres du Coran et éviter ses interdits. Il ne suffit pas de le réciter ou même de le méditer ; mais il faut faire preuve de soumission totale à ses recommandations. A ce propos, le Prophète dit : « Le Coran est témoin soit en ta faveur ou à ton détriment[31]. ». Certes, le Coran sera témoin contre celui dont le cœur est insensible à ses enseignements et dont le comportement en va à l’encontre.

 Notre devoir envers le Coran exige de faire des grands efforts pour dévoiler la fausseté des interprétations déviées des extrémistes qui se servent malhonnêtement du Coran pour réaliser des fins politiques et idéologiques ou des intérêts personnels. Il incombe à tout Musulman et à toute Musulmane de se référer aux savants spécialistes en la matière qui interprètent le Coran avec intention sincère et sans convoiter des gains profanes.

 Combien le monde a besoin ces jours-ci des lumières spirituelles du Coran ! La crise mondiale n’est, en fait, qu’une crise morale. Aucun livre n’a appelé à l’attachement fervent aux valeurs morales autant que le Coran.

 A notre époque, les Musulmans se sont éloignés des valeurs morales du Coran. Ils doivent déclarer solennellement leur retour à l’éthique coranique et à l’exemple idéal du Prophète au sujet de qui Allah dit : « Tu es certes d’une moralité exemplaire[32] ! ».

 Nous défendons maintenant le Coran dans l’espoir qu’il sera témoin en notre faveur le Jour Dernier : « Le Coran sera amené le Jour Dernier ainsi que ses lecteurs et ceux qui mettaient ses enseignements en pratique. Les sourates al-Baqara et al-’Imran seront alors à sa tête. ». Le Prophète les a comparés à trois choses que je n’ai pas oubliées : « Elles sont comme deux nuages, ou comme deux ombres noires entre lesquelles il y a un éclat ou comme deux bandes d’oiseaux en rang qui défendent ceux qui les lisaient[33]. ».

 Pour toutes ces considérations, les Musulmans doivent le réciter assidûment, méditer ses sens et appliquer ses enseignements. Ils doivent l’apprendre et le faire apprendre à leurs enfants pour que le bien, la miséricorde et la justice règnent dans toute la société. 

[1] Coran, al-Israa, 88.

[2] Coran, Hud, 13.

[3] Coran, al-Baqara, 23.

[4] Coran, al-Baqara, 1,3.

[5] Coran, al-Israa, 9.

[6] Coran, ach-Chura, 52, 53.

[7] Coran, al-Ahqaf, 29, 32.

[8] Sahih al-Boukhari.

[9] Coran, al-Hijr, 9.

[10] Coran, al-Israa, 82.

[11] Coran, Hud, 1.

[12] Coran, Fusselat, 41, 42.

[13] Rapporté par al-Boukhari.

[14] Sunan Abou Daoud.

[15] Rapporté par Muslim.

[16] Sunan at-Termizi.

[17] Rapporté par Muslim.

[18] Recueil d’Ibn Abu Chayba.

[19] Recueil de ‘Abdel Raziq.

[20] Coran, al-‘Imran, 92.

[21] Ibn Maja.

[22] Recueil d’al-Boukhari.

[23] Sunan Abu Daoud.

[24] Coran, al-Qamar, 17.

[25] Coran Muhammad, 24.

[26] Coran, an-Nissa, 82.

[27] Coran, Sad, 29.

[28] Coran, al-Anfal, 2.

[29] Coran, al-Israa, 9.

[30] Recueil de l’imam Ahmad.

[31] Sahih Muslim.

[32] Coran, al-Qalam, 4.

[33] Sahih Muslim.