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Le document du Caire pour la propagation de la paix
du Conseil Suprême des affaires islamiques
au ministère des Wakfs

Sous les auspices du Président/ Abdel-Fattah al-Sisi, le Président de la République, et sous la présidence de M. le Dr. / Mohamed Mokhtar Gomaa, ministre des wakfs et président du Conseil Suprême des affaires islamiques, s’est réunie une pléiade de savants religieux, de politiciens, de parlementaires, de penseurs et d’intellectuels des pays du monde à la vingt-septième Conférence internationale du Conseil Suprême des affaires islamiques, tenue au Caire le samedi et le dimanche 13 et 14 Joumada II 1438 AH, soit le 11, 12/03/2017 sous le titre: «le rôle des leaders et des décideurs dans la propagation de la culture de la paix et la lutte contre le terrorisme et autres défis »

En deux jours consécutifs de travail continu à travers sept séances scientifiques, les participants ont fini par émettre « Le Document du Caire pour la Propagation de la paix » qui porte la paix au monde entier, œuvre à diffuser la culture de la paix en parole et en acte à travers des programmes, des ateliers et des lois à cette fin, et consacre la vie humaine décente commune et ont adopté les recommandations suivantes :

1. Passer de la réaction à l’action, œuvrer à propager la culture de la paix à travers des programmes de coexistence humaine sur le terrain réel au niveau de chaque pays et au niveau humain et international.

2. Se concentrer sur les points humains communs et les éléments communs entre les religions dans le discours religieux, culturel, éducatif et médiatique, et promulguer des lois qui incriminent la discrimination basée sur la religion, la couleur ou la race.

3. Œuvrer à travers les institutions internationales à incriminer la discrimination basée sur la religion, ou l’exclusion religieuse, sans exception.

4. Mettre l’accent sur l’absence de lien entre le terrorisme et la religion qui en est innocente, et montrer que lier le terrorisme à la religion est une injustice grave pour elle engageant le monde dans des cercles de conflit infinis qui ne laissent rien et n’épargnent rien.

5. Œuvrer à consolider les bases de la citoyenneté égales en droits et en devoirs sur un terrain d’entente humain et national, à approfondir le sens de l’appartenance nationale chez tous les enfants de la patrie, à promouvoir le sentiment humain et à consolider les bases de la coexistence pacifique entre tous les peuples.

6. Croire en la diversité et en le respect du différent en religion, couleur, et sexe, et œuvrer ensemble dans l’intérêt des patries et de l’homme.

7. Les savants spécialisés corrigeront les faux concepts et la mauvaise compréhension des versets et des hadiths utilisés par les terroristes pour justifier l’extrémisme et le terrorisme ou pour les théoriser, et en révèleront le bon concept.

8. Utiliser tous les moyens disponibles de sensibilisation, de culture et d’information dans les mosquées, les écoles, les universités, les centres de jeunesse, et les palais de culture ainsi que les moyens de communication audiovisuels et la presse, afin de divulguer une culture de paix, lutter contre l’idéologie extrémiste et corriger les concepts erronés, tout en fournissant une formation continue en vue de traiter avec ces moyens.

9. Utiliser davantage le cyberespace et tous les outils de communication modernes pour diffuser la culture de la tolérance et de la paix et lutter contre l’idéologie extrémiste.

10. Soutenir le rôle de la femme dans l’action prédicatrice ainsi que dans les domaines culturel, médiatique et académique grâce à son rôle de premier plan et de son impact significatif dans tous ces domaines, surtout en matière d’éducation des jeunes, leur inculquant les valeurs positives, éthiques, comportementales et nationales.

11. Favoriser une communication entre les leaders parlementaires dans les divers parlements du monde afin de définir le concept du terrorisme, promulguer des lois uniformes pour dissuader les extrémistes terroristes – quels que soient leur religion, nationalité, pays – et de veiller à incriminer, sans aucune exception, le recel de terroristes ou toute sorte de soutien pour eux.

12. Appeler le parlement égyptien et les parlements du monde à faire le nécessaire pour incriminer toute sorte et couleur du cyberterrorisme.

13. Favoriser une communication continue entre les ulémas, les intellectuels, les politiciens et les hommes des médias, ainsi que la communication entre les adeptes de différentes confessions à tous les niveaux pour briser la barrière psychologique entravant la communication avec l’autre, par peur de l’inconnu. Notre moyen est le rapprochement et non la répulsion ; la compassion et non la lutte ni les querelles, et affirmer que cette diversité est une norme universelle, car Allah Tout-Puissant dit: «Et si ton Seigneur avait voulu, Il aurait fait des gens une seule communauté. Or, ils ne cessent d’être en désaccord (entre eux,) sauf ceux à qui ton Seigneur a accordé miséricorde. C’est pour cela qu’Il les a créés » (Houd: 118-119).

14. Insérer la lutte contre l’extrémisme et la diffusion de la culture de la paix à l’agenda des conférences et des sommets politiques afin de coopérer en vue de mettre en place un mécanisme international pour faire face à la situation.

15. Echanger les expériences, les informations et les statistiques fructueuses menées par les chefs religieux pour consolider la culture de la paix, la tolérance et rejeter les discours de haine et de violence, d’en choisir le meilleur et en bénéficier pour élaborer une stratégie concrète pour faire face au terrorisme par des plans, des ateliers et de divers programmes de formation.

16. Augmenter l’efficacité des médias nationaux dans tous les pays qui croient à la paix qu’ils soient capables de faire face aux médias des groupes extrémistes, notamment les médias numériques tout en mettant en place une stratégie médiatique claire et ciblée pour promouvoir la culture de la paix, développer le sens national et humanitaire et corriger les concepts erronés.

17. Recommander la traduction du présent document, l’envoyer par l’intermédiaire du parlement égyptien aux différents parlements du monde et le communiquer, par le biais du ministère des Affaires étrangères, aux institutions internationales opérant dans le domaine de la diffusion de la paix et de la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme.

Qu’Allah nous accorde le succès et nous guide sur la bonne voie

Le pays : capital et frontière

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Pour chaque pays, il y a une sorte de complémentarité entre capitale et frontières. La capitale est le centre ou plutôt le cœur du pays alors que les frontières sont ses ailes à l’aide desquelles il vole en haut. Dans beaucoup de pays, la capitale est toujours le centre d’intérêt ; vérité bien prouvée par plusieurs témoignages historiques et événements bien établis. En effet, l’intérêt accordé par le pays civilisé à sa capitale et à ses frontières diffère de celui accordé par un pays arriéré. Le pays civilisé ne permet aucune atteinte à une partie de ses territoires. Un jour, un poète est venu voir le calife ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz et il lui a chanté ces vers : Si tu maintiens la justice et l’ordre dans ton territoire, les émirs des régions soumises à ton autorité sont des loups déloyaux. Ils se montrent rebelles à ta volonté et rien que l’épée pour les corriger. Il est à noter que le développement des régions frontalières n’est pas la responsabilité du gouvernement et du leadership politique seulement ; mais il est du ressort de toutes les institutions de l’Etat toutes réunies. Les institutions officielles, les organisations de la société civile, les hommes d’affaires patriotiques, les ministères de l’investissement, de l’éducation, de la santé, de l’habitat, de la culture, des Waqfs, des monuments et les associations du service social doivent, tous, accorder un soin particulier à la question des frontières du pays et la considérer comme une question de sécurité nationale d’une part et une question de développement durable d’une autre part. Il faut que nous travaillions tous pour transformer les régions frontières de notre pays en des régions attractives et non pas répulsives. Si les régions limitrophes des frontières ne reçoivent pas des soins de la part de l’Etat, elles finiraient par encourager ses habitants à émigrer vers son centre. Cette émigration vers le centre du pays aggrave davantage la surpopulation de sa capitale et de ses villes principales et augmente le nombre de bidonvilles aux alentours. Il peut résulter de cette situation dramatique un écart énorme entre classes sociales et des problèmes sociaux dont le remède exige des solutions extraordinaires. Pour que ces régions ne se transforment en régions répulsives, l’Etat doit s’intéresser à l’investissement, fournir à ses habitants tous les services nécessaires sur le plan de l’habitat, de l’éducation et de la culture et mettre à leur disposition tout ce qui leur permet d’y vivre durablement avec dignité. L’Etat doit offrir des possibilités d’emploi aux habitants et encourager l’augmentation de la production industrielle. En effet, ces services offerts ne font que raffermir l’attachement de ces habitants à leurs régions et animer chez eux le zèle patriotique et la défense du pays. Actuellement, l’Etat commence à préparer un terrain favorable à l’investissement et aux possibilités d’emploi dans ces régions dont le Sinaï, Matrouh, Isma’ilyya al-Djadida, Halayeb et Chalatine, la Nouvelle Vallée. Si l’Etat parvient à réaliser cette fin, ces régions se transformeraient en régions attractives, ce qui crée un grand équilibre dans la répartition démographique et assure une vie digne aux habitants de ces régions.