:

L’Islam est la religion du travail et du progrès

awkaf-

     Allah, le Très-Haut, a parfait la création de l’homme et lui a assuré toute sa dignité. Il l’a préféré aux autres créatures et mis toutes les richesses de l’univers à sa disposition. A ce propos, Allah dit : « Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons portés sur terre et sur mer. Nous leur avons procuré d’agréables nourritures. Nous leur avons donné la préférence sur beaucoup d’autres de Nos créatures[1]. », « C’est Lui qui a créé pour vous tout ce qui existe sur la Terre et qui, ensuite, S’est occupé du firmament, pour en tirer avec harmonie sept Cieux, dans Sa science infinie[2]. ». Cet hommage divin rendu à l’homme a fait de lui le lieutenant d’Allah sur terre comme l’indique cette expression coranique : « Puis vint le jour où ton Seigneur dit aux anges : « Je vais installer un représentant khalîfa sur la Terre. » Et les anges de repartir : « Vas-Tu établir quelqu’un qui y fera régner le mal et y répandra le sang, alors que nous chantons Ta gloire et célébrons Tes louanges ? » Le Seigneur leur répondit : « Ce que Je sais dépasse votre entendement[3]. ».

    Outre l’obligation d’adorer son Seigneur, l’homme est chargé de réaliser la prospérité de la terre et de tirer profit de ses ressources et de ses trésors précieux. Allah dit : « C’est Lui qui vous a formés de la terre et qui vous y a établis[4]. ».

    Allah, le Très-Haut, ordonne à l’homme de déployer des efforts, de chercher les causes du succès et d’éviter la paresse et l’oisiveté : « N’est-ce pas Lui qui vous a soumis la Terre ? Parcourez donc ses grandes étendues et mangez de ce que Dieu vous a octroyé. C’est vers Lui que se fera votre retour[5]. ».

  Alors, l’homme est tenu de travailler et de faire un effort jusqu’au dernier instant de sa vie comme le recommande le Prophète dans le hadith rapporté par Anas Ibn Malek : « Si l’Heure du Jour Dernier sonne alors que l’un d’entre vous tient un palmier dans sa main, qu’il s’empresse de le planter autant que possible[6]. ». Donc, l’Islam est une religion qui appelle au travail et à la bonification de la terre même aux moments difficiles de la vie de l’homme. Sans doute, le travail est l’artère de la vie et le moyen efficace par lequel on peut réaliser le progrès de sa nation.

   Il est à noter que l’Islam accorde un intérêt particulier à l’apprentissage sous toutes ses formes ; car il le considère comme le moyen par lequel se réalise le développement sur terre. Il a recommandé à ses adeptes de travailler et de parcourir la terre pour chercher les moyens de leur subsistance. Al-Meqdam rapporte que le Prophète dit : « La nourriture la plus bénie est celle acquise à la sueur de son front. Le Prophète David mangeait de ce que produisaient ses mains[7]. ».

   En Islam, le travail jouit d’un caractère sacré et méritoire et revêt le statut de l’adoration généreusement récompensée. Dans un nombre considérable de versets, on remarque que l’ordre divin de parcourir la terre pour chercher les moyens licites de subsistance vient tout après l’ordre d’accomplir la prière : « Une fois la prière achevée, répandez-vous sur la Terre, à la recherche des bienfaits de votre Seigneur, sans oublier d’en invoquer souvent le Nom ! Peut-être y trouverez-vous une source de bonheur[8]. ». Après l’accomplissement de la prière du vendredi, ‘Irak Ibn Malek avait l’habitude de dire en sortant de la mosquée : « Seigneur ! J’ai répondu à Ton appel et accompli votre obligation. Et me voilà je cherche les moyens de ma subsistance comme Tu me l’a avais ordonné. Procure-moi ma subsistance, je vous en supplie ; Tu es le Seul qui donne à profusion ! ».

    Dans plusieurs endroits du Coran et de la Sunna, il y a une exhortation évidente au travail en tant que moyen assurant à l’homme sa dignité et son mérite. Abu Horayra rapporte que le Prophète a dit : « Il vaut mieux ramasser une botte de bois pour la vendre et en tirer subsistance que de mendier et de demander l’aumône aux gens[9]. ». Un jour, Sofyan ath-Thawry a vu des gens assis au sein de la Mosquée sacrée. Il leur a dit : « Pourquoi vous êtes là ? » et eux de répondre : « Que devons-nous faire alors ? », « Allez chercher votre subsistance et ne soyez pas des paresseux pris en charge par les hommes charitables de la communauté ! ». Recommande Sofyan.

     Le Prophète était entouré de ses compagnons lorsque passa un homme plein de vivacité et d’énergie. Les Compagnons ont dit au Prophète : « Heureux cet homme s’il travaille pour la Face d’Allah ! ». Alors, le Prophète s’est adressé à eux en disant : « S’il travaille pour nourrir ses enfants ou ses parents âgés, son acte figure parmi les actes faits dans le sentier d’Allah. S’il travaille pour se suffire à lui-même et éviter de demander l’aumône à personne, il accomplit par-là un acte dans le Sentier d’Allah. Mais s’il quitte sa maison pour tirer vanité de sa force et de son énergie, il travaille alors pour le compte de Satan[10]. ».

       L’Islam ne se contente pas d’ordonner à ses adeptes de travailler ; mais il leur ordonne également de parfaire leur travail pour obtenir l’agrément d’Allah. A cet égard, le Prophète dit : « Allah, le Très-Haut, aime que lorsque l’un de vous fait un travail qu’il le fasse bien[11]. ». En effet, parfaire le travail figure parmi les principes et les valeurs essentielles de l’Islam ainsi que parmi les objectifs de la religion. Par le travail bien achevé, on obtient l’agrément d’Allah qui a parfait Sa création : « C’est l’œuvre de Dieu qui a tout façonné à la perfection et qui est si bien Informé de tout ce que vous faites[12]. », « Agissez de la manière la plus parfaite et judicieuse, Dieu aime les gens bons et judicieux[13]. », « Emploie plutôt les richesses que Dieu t’a accordées pour gagner l’ultime demeure, sans pour autant renoncer à ta part de bonheur dans ce monde. Sois bon envers les autres comme Dieu l’a été envers toi ! Ne favorise pas la corruption sur la Terre, car Dieu n’aime pas les corrupteurs[14]. ».

     Dans plusieurs versets coraniques, Allah, le Très-Haut, a appelé à la perfection du travail et à la recherche de Son agrément. Egalement, Il a appelé à la coopération entre tous les membres de la société et promet aux fidèles qui perfectionnent leur travail une récompense généreuse dans la vie d’ici-bas et dans celle de l’Au-delà. En accomplissant son travail, l’homme doit être conscient qu’il est soumis à la surveillance d’Allah qui connait parfaitement les secrets et les visées de chacun de nous et qui nous en demandera compte le Jour Dernier :

     « Quel que soit l’état dans lequel tu te trouves, quel que soit le passage du Coran que tu récites, quelque œuvre que vous accomplissiez, Nous en sommes toujours Témoin à l’instant même où vous vous y engagez, car rien n’échappe à ton Seigneur : ni le poids d’un atome sur Terre ou dans le Ciel, ni un poids plus infime ou plus grand. Tout est inscrit dans un Livre évident[15]. ».

      Dans son usine, sa ferme ou dans son magasin, l’homme est toujours surveillé par son Seigneur comme l’indique bien ce verset : « Dis-leur : « Agissez ! Dieu appréciera vos œuvres, ainsi que le Prophète et les croyants. Et quand vous serez ramenés vers Celui qui connaît l’invisible et l’apparent, Il vous renseignera sur ce que vous aurez fait[16]. ». De leur côté, les exégètes estiment que ce verset implique à la fois une menace et une promesse et qu’il anime dans la conscience de l’homme la crainte de Dieu et la peur de Son châtiment. A ce propos, il convient de rappeler la parole de Zuhayr :

     Quoique l’homme cache aux gens son mauvais caractère, tôt ou tard tout le monde en sera au courant.

    En effet, la valeur de la perfection représente un caractère inhérent à la nature de l’Islam qui le recommande également même dans l’acquittement des actes du culte. Pour la prière par exemple, on choisit l’imam qui a appris le Coran par cœur et qui maîtrise ses règles de récitation. Le Prophète a promis à cet imam qui parfait sa récitation coranique une récompense généreuse. Plus encore, il a ordonné à la personne chargée des préparatifs funèbres de parfaire son travail en disant : « Que celui chargé des préparatifs funèbres de son frère, qu’il le fasse bien[17] ! ». ‘Asem Ibn Kolayb al-Djarmi rapporte que son père lui dit : « J’ai assisté avec mon père aux funérailles auxquelles le Prophète a participé lui-même. A l’époque, j’étais encore enfant ; mais capable de discerner les choses qui se passaient autour de moi. Auprès de la tombe non encore préparée à l’enterrement, le Prophète a dit aux gens : « Faites bien la tombe de ce mort ! ». Ayant entendu cet ordre, les gens ont pensé qu’il s’agissait d’une tradition prophétique à suivre. ». Tournant le regard vers eux, le Prophète a dit : « Ceci ne profite en rien au mort ; mais Allah aime de vous la perfection du travail[18]. ». Et par conséquent, le fidèle qui ne fait pas bien son travail est un pécheur pour avoir causé la ruine de la fortune et la perte des efforts déployés. L’employé qui néglige son travail et se permet d’obtenir un salaire illicite verra le Jour Dernier se dresser contre lui tout un peuple. Sur cette catégorie de personnes retombe le péché de l’arriération de la communauté. A ce propos, ‘Omar dit : « Auprès de Dieu je porte plainte contre la faiblesse du fidèle et la perfidie du fort ! ».

     D’ailleurs, l’Islam a lutté contre tous les aspects du découragement et de la paresse qui font avorter les tentatives du développement et du progrès. Il a jugé vicieuse la paresse et voit en elle une forme d’hypocrisie : « Ils ne se rendent qu’avec nonchalance à la salât et ne font l’aumône qu’à contrecœur[19]. ». La paresse, en réalité, est une forme de passivité très dangereuse et un fléau qui menace la communauté et provoque son déclin par rapport aux autres nations. C’est un mal qui fait perdre à l’homme son caractère humain. A cet effet, l’imam ar-Ragheb : « Tout paresseux oisif se dépouille de son caractère humain et finit par devenir insensible comme un mort[20]. ». Pour toutes ces considérations, le Prophète avait l’habitude de demander refuge auprès d’Allah contre la presse et la mollesse : « Seigneur ! Je Te demande refuge contre l’impuissance, la paresse, la lâcheté, la vieillesse et l’avarice. Je sollicite Ta protection contre les supplices de la Tombe et les tentations de la vie et après la mort[21]. ».

     La paresse fait de l’homme un être toujours dépendant des autres et toujours incapable d’assumer ses responsabilités d’un être humain. Son mal sévit dans toute la société. A cet effet, l’imam ‘Ali : « La paresse et l’impuissance donnent accès à la misère et à l’indigence. Et qui ne fait rien ne trouve rien et finit par engendrer la corruption sur terre. ».

     En effet, l’Islam lutte contre la paresse et la considère comme une forme de corruption. A ce propos, Allah, le Très-Haut, dit : « Ils s’appliquent à répandre la corruption sur la Terre, alors que Dieu n’aime pas les corrupteurs[22]. », « Ne semez pas le trouble sur la Terre[23] ! ».

    En vérité, la corruption a de multiples formes dont la plus dangereuse est celle commise au nom de la religion. A notre temps, la communauté musulmane a souffert beaucoup d’une catégorie de personnes qui, au nom de l’Islam, sèment la corruption partout. Ces extrémistes tuent les innocents et portent atteinte à l’honneur et aux biens des gens. A leur sujet, Allah, le Très-Haut, dit : « Il est des gens qui te charment par les propos qu’ils tiennent sur la vie de ce bas monde, allant jusqu’à prendre Dieu à témoin de la pureté de leurs sentiments, alors qu’ils sont, au fond, les plus irréductibles des chicaneurs, [205] car, dès qu’ils te tournent le dos, ils s’empressent de semer le désordre sur la Terre, saccageant récoltes et bétail. Dieu n’aime pas les semeurs de désordre. [206] Et lorsqu’on leur dit : « Craignez Dieu ! », leur arrogance pécheresse ne connaît plus de limites. Ainsi l’Enfer aura-t-il raison d’eux. Et quelle affreuse demeure ! [207] Mais il en est d’autres qui se sacrifient pour être agréés par Dieu, et Dieu est Plein de bonté pour Ses serviteurs[24]. ».

    La corruption, sous toutes ses formes, ébranle les piliers du progrès et du développement et fait de l’homme un être passif et irresponsable. Il incombe alors à la société de lutter contre ce mal. An-No’man Ibn Bachir rapporte que le Prophète dit : « Celui qui observe les directives de Dieu et celui qui les néglige, peuvent être comparés à un groupe de personnes qui s’embarquent dans un navire. Quelques-uns parmi eux s’installent sur le pont et les autres dans la cale. Si ceux de la cale veulent boire, ils doivent monter sur le pont pour chercher de l’eau. Ils se sont dits : « Si nous creusions dans la cale un trou, nous aurions de l’eau sans déranger les autres. » Si ceux qui occupent le pont les laissent faire, ils se noieront tous. Par contre, s’ils les en empêchent, ils seront sauvés. Ils seront tous sauvés[25]. ».

    Se débarrasser des corrupteurs et assurer la sureté des routes et de l’infrastructure du pays figurent parmi les bonnes œuvres. Allah dit : « Que ne s’est-il trouvé parmi les générations d’avant vous assez d’hommes vertueux pour lutter contre la corruption sur la Terre, car, à l’exception de la petite minorité que Nous avons sauvée, les autres préféraient le luxe dont ils jouissaient et se comportaient en criminels[26]. ».

    Enfin, il convient de rappeler que la communauté musulmane est comblée des bienfaits divins. Elle possède une terre fertile et des ressources marines et minérales indispensables pour construire une nation moderne. Elle possède également la plus grande réserve pétrolière du monde et les hommes de génie et la main d’œuvre ne lui manquent pas. Il est donc de notre devoir d’investir ces richesses et ces ressources pour réaliser le bien-être et le progrès scientifique de toute la nation musulmane. Notre nation doit être une nation encourageant le travail et condamnant la paresse ; et il incombe à chaque Musulman d’œuvrer pour la sauvegarde de sa religion et la construction de sa patrie.

[1] Coran, al-Israa, 70.

[2] Coran, al-Baqara, 29.

[3] Coran, al-Baqara, 30.

[4] Coran, Hud, 61.

[5] Coran, al-Mulk, 15.

[6] Rapporté par al-Boukhari dans son ouvrage al-Adab al-Mofrad.

[7] Rapporté par al-Boukhari.

[8] Coran, al-Djom’a, 10.

[9] Rapporté par al-Boukhari.

[10] Rapporté par at-Tabarani.

[11] Rapporté par at-Tabarani.

[12] Coran, an-Naml, 88.

[13] Coran, al-Baqara, 195.

[14] Coran, al-Qasas, 77.

[15] Coran, Younes, 61.

[16] Coran, at-Tawba, 105.

[17] Rapporté par Muslim.

[18] Rapporté par al-Bayhaqi.

[19] Coran, at-Tawba, 54.

[20] Azari’a Ila Makarim ach-Charia

[21] Rapporté par Muslim.

[22] Coran, al-Ma’ida, 64.

[23] Coran, al-Baqara, 60.

[24] Coran, al-Baqara, 204-206.

[25] Rapporté par al-Boukhari.

[26] Coran, Hud, 116.

Les nobles caractères dans la mission prophétique de Mohamad

awkaf

La grandeur de l’Islam se manifeste sous plusieurs aspects. Il appelle à adopter les belles valeurs et à faire régner les valeurs humaines dans le monde entier, sans négliger de mettre en garde contre l’enfoncement dans les vices. Il est une religion qui englobe un système moral et législatif basé sur une vision globale de la vie.

 L’Islam recommande au fidèle de se parer des vertus de la patience, de la bonté, de la tendresse, de l’honnêteté, de la miséricorde, de la fidélité, de la pudeur, de la générosité, de la modestie, du courage, de la justice, de la bienfaisance, de la douceur, de l’abnégation, etc. A ce propos, Allah, le Très-Haut, dit :

 « En vérité, ce Coran conduit vers la voie la plus droite ; et annonce à ceux qui croient et font le bien qu’ils auront une belle récompense. » (Coran, al-Israa’, 9).

Dans le Coran et la sunna, il y a plusieurs versets et hadiths recommandant au fidèle d’adopter les hautes valeurs. S’adressant à Son Prophète, Allah, le Très-Haut, dit :

« Sois conciliant ! Ordonne le bien et écarte-toi des ignorants. » (Coran, al-‘Araf, 199)

 « Tenez des propos bienveillants aux gens ! » (Coran, al-Baqara, 88)

 « Il n’y a rien de bon dans les conversations secrètes qu’ils tiennent, sauf lorsqu’il s’agit d’ordonner une aumône, d’accomplir une bonne action ou de rétablir la paix entre les hommes. Celui qui agit ainsi pour plaire à Dieu, Nous lui attribuerons une magnifique récompense. » (Coran, an-Nissa, 114).

En effet, les versets parlant de ce sujet sont nombreux. Il suffit de jeter un regard réfléchi sur le Coran pour découvrir un nombre considérable de versets appelant aux bonnes mœurs qui élèvent le mérite de l’homme et font de lui un être parfait.

Pour sa part, la sunna a parlé de l’importance de la moralité dans la vie des hommes. Elle a mis en relief la récompense généreuse accordée à la personne dotée de nobles caractères :

« La bienfaisance consiste dans les nobles caractères. ».

 Le Prophète dit également :

« Les bons caractères sont les plus récompensés auprès d’Allah le Jour Dernier. Allah déteste le pervers qui profère des paroles obscènes. » (Rapporté par at-Termizi dans ses Sunan).

Le Prophète exhortait ses compagnons à adopter une bonne conduite et à s’attacher aux nobles valeurs :

 « Le croyant parfait est celui doté de bons caractères et qui se comporte de la plus belle manière avec sa femme. » (Recueil de l’imam Ahmad).

Un jour, un compagnon a interrogé le Prophète en disant : « Qui est le croyant le plus parfait ? » et le Prophète de répondre : « Celui doté de nobles caractères. » (Sunan d’Ibn Maja).

Un autre compagnon a interrogé le Prophète en disant : « Quels sont les actes les plus louables qui donnent accès au Paradis ? » et le Prophète de répondre : « La piété et la haute moralité. ». Dans un autre hadith, il dit : « Ceux qui me sont les plus chers et qui seront les plus proches de moi au Jour de la Résurrection, sont ceux qui ont les meilleurs comportements. » (Sunan at-Termizi).

En Islam, le domaine éthique occupe une place distinguée et un rang plus élevé. Il est l’essence et le cœur de la religion elle-même. Un jour, un compagnon a posé au Prophète cette question : « En quoi consiste la religion ? », « Le bon comportement. », répondit le Prophète. » (Rapporté par Muslim).

Le Prophète a accordé à ce domaine un intérêt particulier tout en déclarant que l’objectif suprême de sa mission consiste à parachever les hautes valeurs : « Je suis envoyé pour parfaire les nobles caractères. ». (al-Adab al-Mofrad d’al-Boukhari).

Même avant sa mission, le Prophète a été réputé parmi les gens pour son honnêteté et sa conduite idéale, vérité bien confirmée dans le Coran :

« Tu es doué d’un caractère élevé. » (Coran, al-Qalam, 4).

 C’est un témoignage divin en faveur du Prophète qui se conformait aux recommandations morales du Coran et qui exécutait ses ordres et évitait ses interdictions. Interrogée à propos des caractères du Prophète, la Mère des croyants Aicha dit :

« Son comportement était conforme au Coran. ».

 En vérité, le Prophète était une personne animée d’amour et doté de la miséricorde et de la tolérance envers les gens. Il était une personne honnête, sociable et aimée de tout le monde. Il était distingué par sa modestie bien qu’il était le maitre des gens. A cet effet, la Mère des croyants Khadija dit : « Je jure par Dieu qu’il ne te déshonorera jamais. Tu respectes les liens de parenté, tu aides le faible, tu donnes au défavorisé, tu accordes l’hospitalité à l’hôte, et tu consoles les gens dans leurs malheurs. ». 

Décrivant les nobles caractères de Son Prophète, Allah, le Très-Haut, dit :

 « C’est par un effet de la grâce de Dieu que tu es si conciliant envers les hommes, car si tu te montrais brutal ou inhumain avec eux, ils se seraient tous détachés de toi. Sois donc bienveillant à leur égard ! Implore le pardon de Dieu en leur faveur ! Consulte-les quand il s’agit de prendre une décision ! Mais, une fois la décision prise, place ta confiance en Dieu, car Dieu aime ceux qui mettent en Lui leur confiance ! » (Coran, al-‘Imran, 159).

Ainsi, le Prophète a-t-il pu gagner les cœurs et enchanter les esprits.

Le Prophète a inculqué les bons caractères à ses compagnons à qui il a donné l’ordre de s’y attacher fermement. Un jour, le Prophète a recommandé à Abu Zar en disant :

« Crains Allah là où tu te trouves ! Fais suivre le péché par un acte pieux pour que tu sois pardonné ! Et comporte-toi envers les gens de la plus belle manière ! ».

Sans doute, les compagnons suivaient l’exemple du Prophète en matière de bonté, de bienfaisance et de tendresse. Grâce aux enseignements prophétiques, ils se sont débarrassés de leur fanatisme tribal et se sont parés d’une très belle conduite.             

Après son émigration de la Mecque vers Médine, le Prophète a établi la fraternité entre les Emigrés et les Ansars. A cet effet, il convient de rappeler qu’un nombre considérable des Ansars renonçaient à la moitié de leurs biens en faveur de leurs frères émigrés. De son côté, le Coran a jeté la lumière sur ce noble caractère qui est devenu au fil des jours une caractéristique générale de la communauté musulmane :

« Et une partie en revient aussi à ceux qui, déjà installés dans le pays et dans la foi, accueillirent les émigrés avec joie, sans ressentir la moindre envie pour ce que ces derniers recevaient, allant même jusqu’à se priver en leur faveur, malgré leur propre indigence. Heureux les gens qui savent se prémunir contre leur propre avarice ! » (Coran, al-Hachr, 9).

Grâce à leurs nobles caractères, les compagnons se sont formé une communauté qui a dominé toutes les nations. Eblouis de leur noble conduite, une foule considérable de gens s’est mise à embrasser l’Islam avec foi inébranlable. Et au moment où on commence à s’éloigner de ce droit chemin et à adopter une conduite contraire à la noble conduite de nos prédécesseurs, les hautes valeurs ont perdu leur éclat et les nobles concepts se sont détournés de leurs sens sublimes. A ce propos, l’imam Malek dit : « Les derniers de cette communauté ne se réformeront qu’avec les moyens par lesquels les premiers de cette communauté se sont réformés. ».

Les hautes valeurs morales sont de nature à protéger les sociétés contre la dissolution, l’anarchie et la perdition. En s’attachant aux nobles valeurs, la nation se fortifie et occupe une place distinguée parmi les autres et ses habitants en tirent leur dignité et leur bien-être. Par contre, la nation qui s’enfonce dans les vices et la dissolution des mœurs court à sa propre ruine.

Tous les biens de l’homme doit à son bon caractère, attachez-vous donc à la moralité pour dompter les caprices de l’âme.

L’âme est bien heureuse en faisant le bien et damnée en faisant le mal.     

Sahl Ibn Sa’d as-Sa’idi rapporte qu’il a entendu le Prophète dire : « Allah est Généreux et aime les actes de générosité. Il aime les nobles caractères et déteste les mauvais. » (al-Mostadrak d’al-Hakem).

Sans doute, les nations se redressent par les nobles valeurs et courent à leur perte en leur absence. Combien sont les civilisations qui sont tombées en ruine après la dissolution des mœurs de leurs habitants. A cet effet, le grand poète Hafez Ibrahim dit :

La nation bâtie sur la base solide de la morale survivra et sera appelée à la disparition si la morale fait défaut 

En passant en revue les actes de culte dans le Coran et la sunna, nous allons découvrir qu’ils visent en premier lieu à faire naître dans le croyant les nobles caractères et la sublimité morale et à les généraliser dans la société toute entière. En vérité, les rites islamiques ne sont pas des actes insensés qu’on accomplit dans la mosquée sans les lier à la réalité. Il ne convient pas que le fidèle les effectue sans s’empêcher de tromper, d’exercer le monopole et de nuire à son voisin. Sans doute, les actes du culte sont établis pour élever le mérite moral de l’homme. Décrivant l’objectif ultime de l’institution de la prière, Allah, le Très-Haut, dit :

 « Récite ce qui t’est révélé du Livre. Accomplis la salât, car la salât préserve des turpitudes et des actes blâmables. Y a-t-il un acte plus grand que celui de se souvenir du Seigneur qui connaît parfaitement tout ce que vous faites ? » (Coran, al-‘Ankabout, 45).

Alors, l’objectif ultime de la prière consiste à éloigner le fidèle des turpitudes et des actes répréhensibles. Ibn ‘Abass rapporte que le Messager dit :

« Allah, le Très-haut, dit : « Je n’accepte la prière que de celui qui fait preuve d’humilité devant Ma Toute-Puissance, qui n’est pas arrogant envers Mes Créatures, qui ne s’endort pas avec la détermination de Me désobéir, qui passe sa journée à M’invoquer et qui est compatissant envers le pauvre, le nécessiteux, la veuve et l’homme éprouvé. ». (Rapporté par al-Bazzar).

Ibn Mas’oud rapporte que le Prophète dit :

« Si la prière n’inculque pas au fidèle l’accomplissement du bien et l’interdiction du mal, le fidèle ne fait que s’éloigner de son Seigneur. » (Rapporté par at-Tabarani d’après une bonne chaine de transmission).

De même, la Zakat, le jeûne, le pèlerinage et le reste des actes cultuels sont établis pour purifier l’âme et faire apprendre au croyant l’attachement aux bonnes valeurs. Allah, le Très-Haut, dit :

« Prélève une aumône sur leurs biens pour les purifier et les bénir. Prie pour eux, afin que leurs âmes retrouvent leur quiétude. Dieu est Audient et Omniscient. » (Coran, at-Tawba, 103).

Dans un hadith, le Prophète a donné à l’aumône une conception plus large : « Le sourire que tu fais à ton frère t’est compté comme une aumône. Verser l’eau de ton seau dans le seau de ton frère est compté comme une aumône à ton avantage. Ordonner le bien et interdire le mal est une aumône pour toi. Retirer du chemin une pierre, une épine t’est compté comme une aumône. Indiquer le chemin à un voyageur est aussi une aumône. ». (Rapporté par al-Bazzar).

L’obligation du jeûne est un acte du culte institué pour répandre dans la société la vertu de la piété, fin ultime de la création de l’homme. A cet effet, Allah, le Très-Haut, dit :

« Ô croyants ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux peuples qui vous ont précédés, afin que vous manifestiez votre piété. » (Coran, al-Baqara, 183).

Grâce au jeûne, la volonté du Musulman se raffermit et il s’habitue à dompter ses passions et ses désirs. Abu Horayra rapporte que le Prophète dit :

 « Le jeûne est une protection. Lorsque l’un de vous jeûne, qu’il s’abstienne d’être grossier et bruyant, et s’il est insulté ou provoqué, qu’il dise à deux reprises : « Je jeûne. ». (Rapporté par al-Boukhari). Alors, le jeûne protège le fidèle contre le mal et les mauvais caractères. 

Déterminant l’objectif du pèlerinage, Allah dit : 

« Le pèlerinage s’effectue en des mois déterminés. Quiconque s’y engage devra s’interdire tout rapport sexuel, tout libertinage et toute dispute durant la période du pèlerinage. Quelque bien que vous fassiez, Dieu en a toujours connaissance. Prenez des provisions de route, mais votre meilleur viatique sera la crainte révérencielle du Seigneur. Craignez- Moi, hommes doués d’intelligence ! » (Coran, al-Baqara, 197).

Abu Horayra rapporte que le Prophète a dit : « Celui qui fait le pèlerinage dans cette Maison Sacrée sans proférer des paroles basses ou perverses, il revient chez lui aussi innocent que le jour de sa naissance. » (Rapporté par Muslim).

Donc, les actes du culte doivent marquer une influence positive sur l’individu et la société toute entière ; sinon, ils perdront leur objectif pour lequel ils ont été établis. A ce propos, Abu Horayra rapporte que le Prophète dit :

« Savez-vous qui a fait faillite ? ». Ils dirent : « Nous considérons comme failli parmi nous celui qui a perdu son argent et ses biens. ».

Il dit : « Le failli de ma communauté qui viendra le jour de la résurrection ayant fait la prière, observé le jeûne et payé l’impôt (zakat). Il vient après avoir insulté celui-ci, accusé celui-là de dévergondage, mangé l’argent de tel autre, répandu le sang de celui-là, et frappé tel autre. On répartit ses bonnes actions entres ses victimes et, si elles ne suffisent pas à le racheter auprès d’elles, on prend de leurs péchés, on les jette sur lui et il est ensuite jeté en Enfer. ». (Rapporté par at-Termizi).

Dans le même sens, Abou Horayra rapporte qu’un homme a dit :

 « Ô prophète, une telle est mentionnée par ses nombreuses prières, jeûnes, et aumônes mais elle fait du mal à ses voisins avec sa langue » Le prophète dit «Nul bien en cette femme, elle est en enfer » L’homme dit ; « Ô prophète, une telle est mentionnée par le peu de prières, du jeûne, et d’aumône qu’elle fait mais elle donne du peu qu’elle possède et ne fait aucun mal à ses voisin » Le prophète dit « Elle est au paradis ». (Rapporté par Ahmad).

En Islam, l’ordre d’adopter une bonne conduite est d’un caractère général ; c’est-à-dire que le Musulman doit se comporter de la plus belle manière avec tout le monde musulman ou non-musulman. D’après l’expression coranique, tous les humains sont des frères dans cette vie :

« Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons portés sur terre et sur mer. Nous leur avons procuré d’agréables nourritures. Nous leur avons donné la préférence sur beaucoup d’autres de Nos créatures. » (Coran, al-Israa’, 70).

Un jour, le Prophète s’est levé au passage d’un convoi funèbre. Quand on lui dit que c’était un juif, il répondit : « N’est-ce pas une âme ? ». (Rapporté par al-Boukhari).

 Egalement, Allah, le Très-Haut, dit :

« Ne discutez avec les gens des Écritures que de la manière la plus courtoise, à moins qu’il ne s’agisse de ceux d’entre eux qui sont injustes. Dites-leur : « Nous croyons en ce qui nous a été révélé et en ce qui vous a été révélé. Notre Dieu et le vôtre ne font qu’un Dieu Unique et nous Lui sommes totalement soumis. » (Coran, al-‘Ankabout, 46).

 Ayant un jour abattu un animal, Abdullah Ibn ‘Omar dit aux gens de sa famille : « En avez-vous offert une part à notre voisin juif ? En avez-vous offert une part à notre voisin juif ? J’ai entendu le Prophète dire : « L’Ange Gabriel m’a tellement recommandé de bien agir envers le voisin que j’ai pensé qu’un jour le voisin pourrait avoir une part d’héritage. » (Rapporté par at-Termizi).

En Islam, l’ordre d’avoir bonne conduite n’est pas restreint aux humains ; mais il implique également les animaux. N’a-t-on pas remarqué, d’après la parole du Prophète, qu’un homme est entré au Paradis pour avoir donné à boire à un chien assoiffé. A ce propos, Abu Horayra nous rapporte ce hadith :

« Un jour, un homme vit un chien en train de manger du sable humide du fait de la soif. Il prit alors sa bottine et commença à puiser l’eau pour le chien jusqu’à ce que ce dernier fût désaltéré. Dieu loua cet acte et fit entrer l’homme au Paradis. ». (Rapporté par al-Boukhari).

En revanche, une femme a été condamnée au supplice du Feu à cause d’une chatte qu’elle avait enfermée, et laissée mourir de faim, sans la laisser libre pour aller manger les insectes de la terre. ». (Rapporté par al-Boukhari).

Si nous voulons nous parer de bons caractères et faire régner les hautes valeurs dans la société, nous devons suivre l’exemple du Prophète comme le recommande ce verset coranique :

« Vous avez, dans le Prophète de Dieu, un si bel exemple pour celui qui espère en Dieu et au Jugement dernier, et qui évoque souvent le Nom du Seigneur. ». (Coran, al-Ahzab, 21).

Suivre le bon exemple d’une personne joue un rôle décisif dans la vie de tout homme comme l’est le père pour son enfant. Faisant allusion à cette vérité, le Prophète dit : « Tout nouveau-né, vient au monde avec la prédisposition de l’Islam. Ce sont ses deux parents qui par la suite le font devenir juif, chrétien ou mazdéen. ».

Affirmant ce sens, Abu Horayra a commenté en mentionnant ce verset coranique : « Consacre-toi à la religion, en monothéiste sincère ! C’est Dieu qui a voulu que cette croyance fût inhérente à la nature de l’homme. Et l’ordre établi par Dieu ne saurait être modifié. Telle est la religion de la rectitude, mais la plupart des hommes n’en savent rien. ». (Rapporté par al-Boukhari).

Egalement, l’enseignant, dans son honnêteté et ses bons caractères, est un exemple à suivre par son élève. Un jour, ach-Chaféi est venu voir le calife Haroun ar-Rachidi. Siraj, le domestique de Haroun, l’a accueilli dans la chambre de Abu ‘Abdul Samad, instructeur des enfants du calife, tout en lui demandant de conseiller à ce maître de prendre soin des enfants du calife. S’adressant à l’instructeur, ach-Chaféi lui a conseillé en disant : « Avant de penser à discipliner les enfants du calife, efforce-toi de te réformer toi-même ! Aux yeux de tes élèves, tu es un exemple à suivre. Le bon, à leur regard, est ce que tu juges bon et le mal à leurs yeux est ce que tu juges ainsi. ». (Hilyat al-Awlyaa d’Abu Na’im).

 Outre les bonnes mœurs dont doit se parer l’individu, on doit se doter également de la bonne conduite sur le plan familial, sociale et international. Enfin, il convient de souligner que les invocations, la sincérité envers Allah, la lutte contre soi-même et l’autocritique aident l’homme à se parer de la haute moralité et à avoir une conduite idéale.