:

La grandeur de l’Egypte est due à sa civilisation basée sur
la haute moralité

Mokhtar-300x198

Sans doute, la grandeur de l’Egypte tient à la grandeur de ses dirigeants, de ses savants, de ses hommes, de ses femmes, de ses jeunes, de ses filles, de la richesse de son histoire et sa civilisation. Cette grandeur tient aussi à son rôle d’avant-garde dans la région sur le plan intellectuel scientifique, culturel, militaire, civilisationnel et humain. Notre chère Egypte est distinguée par l’ouverture de l’esprit de son peuple, sa tolérance et sa capacité de s’élever au-dessus des actes ignobles : Si le méchant me réserve un mauvais accueil ; je réagis par rien dire A sa méchanceté acérée, je réponds par la clémence. Mon attitude à son égard est comparable à un bâton d’encens dont s’exhale une bonne odeur une fois touché par le feu. Mais il faut distinguer entre la douceur qui émane de la force et la douceur dictée par la faiblesse. L’Egypte, entre les pays arabes, est le frère aîné soucieux de garder unie la famille et de lutter par tous les moyens contre les dangers qui menacent sa stabilité et son unité. Aux moments de crise, ce frère ne cesse pas d’aider ses frères même ceux, parmi eux, qui l’ont déjà outragé. Tout comme l’ainé de la famille, l’Egypte, pays d’avant-garde, ne renonce pas à la défense des causes arabes. En même temps, elle ne se laisse pas s’enliser, contre son gré, dans un conflit déclenché par des pays imprudents. Tout au long de son histoire glorieuse, l’Egypte est riche de ses valeurs morales. Son peuple répugne par nature la perfidie et l’agression injuste. Elle vient au secours des pays frères et des pays amis. Tout au long de son histoire, l’Egypte est réputé pour le bon voisinage, la tolérance, la bonne compagnie, la bonne humeur de ses habitants. Elle déteste par nature l’extrémisme et le rigorisme. Les quelques actes de violence commis dans de différentes régions du pays ne sont qu’un simple symptôme contraire à la nature paisible de l’Egypte et appelé à la disparition. En effet, la civilisation égyptienne a bien assimilé le patrimoine des autres civilisations tout en tirant profit de leurs aspects utiles et en rejetant les aspects mauvais et inutiles. Son Azhar, son édifice millénaire qui se distingue par son caractère indulgent et de justemilieu, se porte garant de cette tolérance et de cette modération ; non pas seulement au sein de l’Egypte, son berceau de naissance, mais aussi dans le monde entier. A ce propos, il me vient à l’esprit ces vers : L’Egypte n’a rien à craindre ; le coran sacré lui porte garant de survie et de sauvegarde. S’il arrive un jour qu’elle trébuche, elle se redresse aussitôt et assume son rôle de bastion de l’Islam et de l’arabité. A quiconque veut la paix, elle lui tend la main. Et tout ennemi voulant la guerre, qu’il sache que ses hommes vaillants sont là pour la défendre. Loin de toute agression et de toute humilité, l’Egypte est le foyer des hommes braves et généreux. Ils relèvent le défi jusqu’à ce que victoire ou mort en martyr s’ensuive. L’histoire témoigne de la bravoure de ses hommes. Le Prophète n’a-t-il pas fait l’éloge de ses soldats ? Les soldats égyptiens sont les meilleurs ; l’Egypte en tire fierté et prestige. Dans son sein, l’Azhar reste à travers les âges le gardien des sciences. Cet Azhar continue à enseigner à tout le monde que l’Islam va de pair avec la tolérance. Priez en faveur du Prophète Ahmad, le meilleur et l’imam de toute l’humanité.

La conception de la sécurité nationale

Mokhtar-300x198

La stabilité du pays est étroitement liée à la sauvegarde de sa sécurité nationale. Plus les citoyens et les hommes de décision s’attachent à la réalisation de la sécurité nationale, plus le pays devient stable au fur et à mesure. En effet, la sécurité nationale d’importe quel pays indépendant est une ligne rouge infranchissable. Mais pour garder intacte cette ligne rouge, cela exige une conscience culturelle aussi pratique que théorique sur ce plan. Pour chaque responsable occupant un poste de leadership, il est nécessaire, à mon point de vue, de tenir des séances de formation portant sur la sécurité nationale. En vérité, l’expérience technique ou administrative ne suffit pas, à elle seule, de diriger les affaires du pays vers la bonne voie. Elle doit être accompagnée d’une vision globale et profonde des conséquences de toute décision prise sur le plan de la sécurité nationale.

Les comportements de quelques citoyens et leurs simples décisions peuvent affecter la sécurité nationale sans en prendre conscience. Ils peuvent le faire, non pas avec mauvaise intention, mais par ignorance des priorités de la sécurité nationale. Dans ces conditions où le pays, la région et le monde tout entier passent une phase critique, le citoyen normal, le responsable et l’homme de décision doivent prendre en considération la sécurité de leur pays en prenant des décisions et en concluant des protocoles et des conventions internationales. En effet, la prise de conscience de la sécurité nationale diffère d’un citoyen à l’autre en fonction du niveau de la culture et du zèle patriotique de chacun. Pour toutes ces considérations, il faut faire de la question de la sécurité nationale notre priorité absolue et prendre en compte les recommandations suivantes :

  • Tenir en faveur de tous ceux qui occupent des postes de leadership des stages de formation et de sensibilisation portant sur l’importance qu’on doit accorder à la sécurité nationale.
  • Les politiciens, les intellectuels, les écrivains, les cultivés et les médias doivent sensibiliser les citoyens à propos de la sécurité nationale et leur montrer qu’il s’agit de l’un des éléments importants de la stabilité du pays.
  • Les institutions et les autorités compétentes doivent se concerter avant de conclure des protocoles et des conventions internationales pour ne pas risquer de s’enliser dans ce qui affecte les intérêts de la patrie.

Pour se faire une idée exacte de notre sécurité nationale, nous devons tout d’abord être au courant de notre situation politique sur le plan intérieur, extérieur, régional et international. Notre profondeur arabe, musulmane et africaine et nos relations internationales doivent être prises soigneusement en considération avant de prendre une décision importante et vitale. Il faut prévoir les conséquences positives et négatives de chaque décision. Il faut également étudier les priorités les plus pressantes sur tous les plans.

Sans doute, les relations politiques, militaires, économiques, culturelles, artistiques et médiatiques sont étroitement liées les unes aux autres. Il est impossible de séparer ces domaines les uns des autres et de restreindre chaque domaine à son propre sphère. Pour cette raison, chaque institution dans l’Etat doit prévoir les conséquences de ses décisions sur les autres institutions. Sans doute, cette conscience ne peut être réalisée du jour au lendemain ; elle exige un sens patriotique très élevé, une grande expertise et une atmosphère dominée par l’esprit de l’équipe. Chaque responsable dans l’Etat doit être à la hauteur de son poste et assumer habilement les charges confiées à lui. Il doit encourager l’esprit de l’équipe et réfléchir bien avant de prendre une décision.

En vérité, les pays ne peuvent pas être construits par les bonnes intentions dépourvues de conscience et de bonne planification. Nous vivons dans un monde où l’homme qui ne se fait pas loup, le loup ose s’attaquer à lui. ‘Omar Ibn al-Khattab dit : « Je ne suis pas un tricheur ; mais je ne suis pas dupe. ». Dans le même sens, al-Moghira Ibn Cho’ba dit : « Si ce n’était pas l’Islam, j’aurais usé d’astuces semant les troubles dans toute la Péninsule arabe. ». Les bonnes intentions doivent être accompagnées d’un travail sérieux et parfait. Allah, le Très-Haut, dit : « Dis : Voulez-vous que nous vous apprenions qui sont les plus grands perdants en œuvre ? Ceux dont les efforts se sont perdus dans la vie d’ici-bas alors qu’ils pensaient faire le bien. ». Dans le Coran, on a mis l’accent sur l’honnêteté et la compétence en tant que deux qualités qui doivent être remplies par quiconque occupe un poste. Par la bouche de la fille de Choeib, Allah dit : « O mon père, engage-le [à ton service] moyennant salaire, car le meilleur à engager c’est celui qui est fort et digne de confiance. ». Par la bouche de Son Prophète Youssef, Allah, Exalté soit-Il, dit : « Donne-moi la responsabilité des réserves des terres, car je suis intègre et savant. ».

Les qualités du bon croyant dans le Coran

awkaf-

Allah, le Très-Haut, a envoyé aux humains des Messagers pour les guider vers le droit chemin et pour couper court à leurs excuses auprès d’Allah le Jour Dernier : « Tous ces prophètes ont eu pour mission d’annoncer la bonne nouvelle aux hommes et de les avertir, afin qu’ils n’aient, une fois la mission des prophètes accomplie, aucune excuse à invoquer devant le Seigneur. Dieu est Puissant et Sage[1]. ».

En effet, l’appel des Messagers à adorer Allah est la mission la plus sublime et la plus noble dans l’histoire de l’humanité. Il consiste tout simplement à croire en Dieu, aux anges, aux Livres sacrés, aux Messagers, au Jour Dernier, au destin bon ou mauvais. En vertu de cet appel, le croyant doit faire preuve d’obéissance aux ordres du Seigneur transmis par l’intermédiaire de Son Messager. Notons que connaître Allah est la première étape de la foi : « Sache qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu ! Implore donc le pardon de tes péchés et de ceux des croyants et des croyantes ! Dieu connaît si bien le champ de vos activités sur Terre et votre demeure dans la vie future[2]. ».

La foi en Allah est étroitement liée à l’accomplissement de bonnes œuvres comme l’affirme le Coran dans plusieurs endroits : « Ceux qui croient en Dieu et qui font le bien auront le Paradis pour séjour éternel[3]. », « Mais ceux qui croient et font le bien, Dieu les dirigera en raison de leur foi, et à leurs pieds couleront des ruisseaux dans les Jardins du délice[4]. », « Ceux qui croient et font des œuvres pies auront, pour séjour, les jardins du Paradis[5]. ». Rappelons également que la foi augmente par l’obéissance et diminue par la rébellion aux ordres du Seigneur. Abu Horayra rapporte que le Prophète dit : « La foi est subdivisée en 70 branches. La plus haute consiste dans l’Attestation de foi alors que la plus basse consiste dans l’élimination de ce qui obstrue un chemin. Certes, la pudeur fait partie de la foi. ».

Djibril est venu interroger le Prophète à propos de l’Islam et de la foi dans le but d’apprendre au Musulman comment devenir un bon croyant. ‘Omar Ibn al-Khattab dit : « Alors que nous étions un jour assis auprès du Messager de Dieu, voilà que se présenta à nous un homme dont les vêtements étaient très blanc et les cheveux très noirs. Il ne portait aucune marque de voyage et nul parmi nous ne le connaissait. Il s’avança pour venir s’asseoir, face du Prophète, plaçant ses genoux contre les siens et posant les paumes de ses mains sur ses cuisses. Il dit au Prophète : « Informe-moi, Ô Mohammad, sur l’Islam ! ». Le Messager répondit : « L’Islam consiste à attester qu’il n’y a pas de divinité autre que Dieu et que Mohammad est le Messager de Dieu. Il consiste aussi à observer correctement la prière, à s’acquitter de l’aumône légale (zakat), à faire le jeûne de Ramadan et à effectuer le pèlerinage de la Mecque si on en a les moyens. L’autre dit : « Tu as dit vrai. Nous fûmes étonnés de voir cet homme s’informer auprès de lui et en même temps l’approuver. Puis il dit : « Informe-moi sur la foi ! ». Il lui dit : « La foi consiste aussi à croire à Dieu, en Ses anges, Ses livres, Ses Messagers et au jour dernier. Elle consiste aussi à croire au destin bon ou mauvais. ».

Il dit : « Tu as dit vrai ». Il dit encore : « Informe-moi sur la foi parfaite ! ».

      Il dit : « C’est le fait d’adorer Dieu comme si tu Le voyais, car si toi tu ne Le vois pas, Lui te voit. ».

      Il dit : « Informe-moi sur l’Heure (du Jugement Dernier) ! ».

      Il dit : « Celui qui est interrogé n’en sait pas plus sur elle que celui qui l’interroge. ».

    Il dit : « Informe-moi sur ses signes précurseurs ! ».

     Il dit : « Quand la femme donnera naissance à sa propre maîtresse. Quand tu verras le va-nu-pieds, les déguenillés et les gueux, gardiens de bêtes, se montrer chaque jour plus arrogants dans leurs constructions, voilà les signes de l’Heure. ».

     Puis l’homme partit. Je restai un certain temps (trois jours) à ne rien demander sur cette affaire, puis le Messager de Dieu me dit : « ‘Omar ! Sais-tu qui est celui qui est venu m’interroger ? »

Je dis : « Dieu et Son Messager le savent mieux que moi. ».

Il dit : « C’est l’Ange Gabriel venu vous apprendre votre religion. ».

Parmi les bonnes qualités du bon croyant figure la crainte révérencielle d’Allah : « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le Nom de Dieu est évoqué ; ceux dont la foi augmente quand Ses versets leur sont récités et qui, en tout, s’en remettent à Lui ; [3] ceux qui sont assidus à la salât et qui donnent en aumône une partie des biens que Nous leur avons accordés. [4] Les voilà, les véritables croyants auxquels une place de choix auprès de leur Seigneur sera réservée, ainsi qu’une rémission et une généreuse récompense[6] ! », « Ceux que la crainte de leur Seigneur incite à l’humilité, [58] ceux qui croient aux signes de leur Seigneur, [59] ceux qui n’associent rien à leur Créateur,  [60] ceux qui, en accomplissant leurs actes de piété, sont pénétrés de crainte à l’idée qu’un jour ils retourneront auprès de leur Seigneur, [61] ce sont ceux-là qui courent à l’envi les uns les autres vers les bonnes œuvres et qui sont les premiers à les accomplir[7]. », « Adresse-toi plutôt à celui qui suit le rappel du Coran et redoute le Miséricordieux dans Son mystère. À celui-là annonce le pardon et une généreuse récompense[8] ! ». Dans la sunna, le Prophète n’a pas manqué de jeter la lumière sur cette vertu spirituelle. Motraf rapporte d’après son père qui dit : « J’ai vu le Prophète prier, larmes aux yeux. De sa poitrine émanait un bruit semblable au bouillonnement de la marmite[9]. ».

 Le Prophète avait l’habitude de demander la crainte à Allah, le Très-Haut : « Ô Seigneur ! Avec Ta connaissance de l’invisible et Ton pouvoir sur les créatures, laisse-moi vivre tant que Tu sais que la vie est meilleure pour moi (que la mort) et fais-moi mourir si Tu sais que la mort est meilleure pour moi (que la vie). Ô Seigneur ! Je Te demande la crainte en secret et en public. Je Te demande la parole de vérité dans les moments de satisfaction et de colère. Je Te demande la modération dans les situations de richesse et de pauvreté. Je Te demande un bien-être qui ne s’épuise pas. Je Te demande une jouissance pour les yeux qui ne s’arrête pas. Je Te demande d’être agréé après que Tu aies prononcé Ton Jugement. Je Te demande une vie paisible après la mort. Je te demande la réjouissance de pouvoir voir Ton Visage et le désir ardent de Te rencontrer sans subir aucun dommage qui me nuise, ni de tentation qui m’égare. Ô Seigneur ! Embellis-nous avec la parure de la croyance et rends-nous des guides bien guidés[10]. ».

Dans le même sens, un poète arabe chanta ces vers :

Craint Dieu et invoque-Le dans tes grandes affaires !

Ne te laisse pas dominer par les passions viles pour ne pas en regretter les conséquences !

Entre la crainte et l’espoir mène ta vie !

Mets toujours ta confiance dans le Pardon divin si tu es un bon Musulman !

Le bon croyant est celui qui place toujours sa confiance en Allah aussi bien dans l’adversité que dans la prospérité. Il doit croire qu’à Allah Seul appartient l’acte de donner et de priver et que le bien et le mal sont de Son ressort. En se confiant en Allah, il ne faut pas négliger les moyens qui peuvent aider le croyant à réaliser son dessein. A cet effet, ‘Omar Ibn al-Khattab dit : « J’ai entendu le Prophète dit : « Si vous vous en remettez à Dieu comme il convient de s’en remettre à Lui, Il vous apportera votre subsistance comme Il l’apporte aux oiseaux qui quittent le matin leur nid le ventre creux pour y rentrer le soir le ventre plein[11]. ».

Le bon croyant doit croire que la confiance en Allah ne peut porter ses fruits sans procéder à l’action qui lui assure le succès dans son projet. Mou’àdh Ibn Jabal rapporte : « Le Prophète qui me portait en croupe sur un âne me dit : « Ô Mou’âdh ! Sais-tu quel est le droit de Dieu sur Ses créatures et quel est le droit des créatures sur Dieu ? ».

Je dis : « Dieu et Son Messager le savent mieux que moi. ».

Il dit : « Le droit de Dieu sur les créatures est qu’elles l’adorent sans rien Lui associer; et le droit des créatures sur Dieu est qu’il ne soumette pas au supplice celui qui ne Lui associe rien. »

Je dis : « Ô Messager de Dieu! Puis-je annoncer cette bonne nouvelle aux gens ? »

Il dit : « Ne la leur annonce pas car ils ne compteraient plus sur leurs propres œuvres[12]. ».

Parmi les belles qualités du bon croyant figure l’assiduité à accomplir la prière avec dévouement. A ce sujet, Allah, le Très-Haut, dit : « Bienheureux, en vérité, sont les croyants [2] qui prient avec humilité[13]. ». Dans nombreux versets du Coran, Allah, Exalté soit-Il, ordonne au Musulman d’accomplir la prière qui occupe une place principale dans l’Islam : « Acquittez-vous de la salât, faites la zakat et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent[14]. ». Dans la sunna, le Prophète en fait l’un des cinq piliers de l’Islam : « L’Islam est fondé sur cinq piliers : attester qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Mohamad est Son Messager, accomplir la prière, verser la Zakat et faire le pèlerinage si l’on en a les moyens et jeûner le mois de Ramadan[15]. ».

En effet, la prière doit être accomplie avec dévouement et concentration spirituelle pour l’on en obtienne l’entière récompense. Le fidèle qui se contente d’accomplir machinalement la prière sans aucune méditation n’obtient rien en échange. A cet effet, Abu Horayra rapporte que le Prophète dit : « Il se peut que le fidèle pense faire des prières surérogatoires de nuit et il ne gagne de cela que la veille et il se peut que le fidèle pense faire le jeûne et il ne gagne de cela que la faim et la soif[16]. ».

La prière accomplie avec dévouement sert le croyant de rempart contre le mal, les péchés et les turpitudes et enracine en lui les bonnes qualités et la belle conduite : « Accomplis la salât, car la salât préserve des turpitudes et des actes blâmables[17]. ». Mettant l’accent sur l’obligation d’accomplir la prière avec zèle et réflexion pieuse, le Prophète dit dans le hadith rapporté par Anas Ibn Malek : « Qu’ont donc certaines

gens à lever leurs regards vers le ciel durant la prière ?! ». Le Prophète ne cessa pas de leur reprocher durement cet acte jusqu’à dire : « Ou bien ils cessent de le faire, ou bien Allah leur enlèvera sûrement la vue[18]. ».

Parmi les caractères du bon croyant figure également la charité dans la cause divine. Ibn ‘Omar rapporte que le Prophète dit : « La main supérieure (celle qui donne) est meilleure que la main inférieure (celle qui reçoit). Commence par ceux qui sont à ta charge. La meilleure aumône est celle qui ne laisse pas celui qui la fait dans le besoin. Celui qui est jaloux de sa dignité, Dieu la lui préserve ; et celui qui se passe de l’aide des autres, Dieu le met au-dessus du besoin. ».

Abu Mas’oud al-Badri rapporte que le Prophète dit : « Pourvoir aux besoins de sa famille est aussi un acte de charité[19]. ».

Le fidèle doit croire que la fortune est un dépôt confié à lui par Allah le Très-Haut et qu’il doit en consacrer une partie dans les œuvres de charité. Abu Horayra rapporte que le prophète dit : « Alors qu’un homme marchait dans une terre aride, il entendit tout à coup une voix s’adressant à un nuage: «Arrose le jardin d’untel». Aussitôt le nuage se déplaça et déversa son eau dans un terrain couvert de pierres noires. Une rigole recueillit toute cette eau. L’homme suivit le parcours de la rigole et trouva un homme debout dans son jardin, détournant l’eau avec sa houe. Il lui dit: « O esclave de Dieu! Quel est ton nom?» Il dit: «Untel» (le nom prononcé par la voix). Puis il lui dit: «O esclave de Dieu ! Pourquoi me demandes-tu mon nom? » Il dit: «J’ai entendu une voix dans le nuage dont voici l’eau dire: «Arrose le jardin d’untel (ton nom)». Comment donc gères-tu ton jardin?» Il dit: «Maintenant que tu m’as dit cela, sache que j’attends ce qui pousse de cette terre, je fais aumône de son tiers, je mange le deuxième tiers et je remets en terre le reste. ».

Dans nombreux versets, Allah a fait mention d’autres qualités dont le bon croyant doit se parer : « Bienheureux, en vérité, sont les croyants [2] qui prient avec humilité, [3] qui dédaignent toute futilité, [4] qui s’acquittent de la zakat, [5] qui s’abstiennent de tout rapport charnel, [6] sauf avec leurs épouses ou leurs esclaves, en quoi ils ne sont pas à blâmer, [7] car seuls sont coupables de transgression ceux qui recherchent d’autres unions ; [8] bienheureux sont ceux qui respectent les dépôts qui leur sont confiés ainsi que leurs engagements, [9] et qui s’acquittent régulièrement de leurs prières salât ! [10] Ce sont ceux-là les véritables héritiers [11] auxquels échoira le Paradis pour l’éternité[20]. ».

Il incombe alors à chacun d’entre nous de se parer des bonnes qualités mentionnées dans le Coran pour qu’il obtienne le salut dans la vie d’ici-bas et dans celle de l’au-delà. Le bon croyant est celui dont la foi lui sert de protection contre toute forme de déviation, de fanatisme et de rigorisme. Le bon croyant est celui qui aime le bien pour tout le monde et qui s’abstient de rendre un faux témoignage et de proférer des paroles mensongères. Anas Ibn Malek rapporte que le Prophète interrogea Haretha Ibn an-No’man en disant : « Le vrai croyant est en mesure de donner la preuve de sa véritable foi. Quelle est la preuve de ta foi ? ». Il répondit : « Je me suis entièrement détourné de ce monde tout comme si je voyais le trône de mon Seigneur, regardais les bienheureux jouir des délices du paradis et les damnés goûter aux supplices du feu. ». Le Prophète lui dit alors : « Tu as acquis la réelle connaissance. Ne t’en écarte pas ! ».

Le bon croyant est celui doté de l’honnêteté, de la fidélité, de la générosité, de la pudeur, de la rectitude, de la tolérance, de la justice, de la bienfaisance, de l’abnégation, etc. comme l’indiquent ces versets coraniques : « Ô croyants ! Craignez Dieu et joignez-vous à ceux qui sont véridiques[21] ! », « Ceux qui gardent fidèlement les dépôts qu’on leur confie et qui respectent la foi jurée[22]. », « La piété, c’est croire en Dieu, au Jugement dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes ; la piété, c’est donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – aux proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs et aux mendiants ; la piété, c’est aussi racheter les captifs, accomplir la salât, s’acquitter de la zakat, demeurer fidèle à ses engagements, se montrer patient dans l’adversité, dans le malheur et face au péril. Telles sont les vertus qui caractérisent les croyants pieux et sincères[23] ! ».

Allah a réservé aux croyants dotés de ces belles qualités une récompense généreuse à l’au-delà : « Ceux qui croient et font des œuvres pies auront, pour séjour, les jardins du Paradis, [108] où ils demeureront éternellement, sans jamais désirer aucun changement[24]. »

[1] Coran, an-Nissa, 165.

[2] Coran, Muhammad, 19.

[3] Coran, al-Baqara, 82.

[4] Coran, Younes, 9.

[5] Coran, al-Kahf, 107.

[6] Coran, al-Anfal, 2, 4.

[7] Coran, al-Mo’minoun, 57-60.

[8] Coran, Yassin, 11.

[9] Rapporté par Ibn Khozayma.

[10] Rapporté par Ahmad.

[11] Rapporté par at-Termizi.

[12] Rapporté par Muslim.

[13] Coran, al-Mo’minoun, 1,2.

[14] Coran, al-Baqara, 43.

[15] Rapporté par al-Boukhari et Muslim.

[16] Sunan al-Bayhaqi.

[17] Coran, al-‘Ankabout, 45.

[18] Rapporté par al-Boukhari.

[19] Rapporté par Muslim.

[20] Coran, al-Mo’minoun, 1, 11.

[21] Coran, at-Tawba, 219.

[22] Coran, al-Ma’arej, 32.

[23] Coran, al-Baqara, 177.

[24] Coran, al-Kahf, 107-109.

Le droit de l’enfant à l’éducation et à la bonne formation

awkaf-

Donner un enfant à l’homme est un bienfait qu’Allah accorde à qui Il veut. Ce don divin, qui réjouit les cœurs, vise à assurer la continuité du genre humain : « A Allah appartient la royauté des cieux et de la terre. Il crée ce qu’Il veut. Il fait don de filles à qui Il veut, et don de garçons à qui Il veut, ou bien Il donne à la fois garçons et filles ; et Il rend stérile qui Il veut. Il est certes Omniscient et Omnipotent[1]. »

. L’enfant, pour ses deux parents, est la source de leur bonheur et de leur réjouissance dans la vie : « Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance[2]. »

 Ce bienfait généreux exige de faire preuve de gratitude et de reconnaissance à l’égard du Seigneur comme l’avait fait le Prophète Ibrahim après avoir été comblé de ce don divin : « Louange à Dieu ! Dans ma vieillesse, Il m’a donné Ismaël et Isaac ! – Mon Seigneur est Celui qui exauce la prière – Mon Seigneur ! Fais que je m’acquitte de la prière, moi, ainsi que ma descendance. Exauce ma prière, ô Notre Seigneur[3] ! ». Remercier Allah pour ce bienfait en assure certes la continuité comme l’indique ce verset coranique : « Votre Seigneur ne vous a-t-Il pas prévenus, en disant : “J’augmenterai Ma grâce, si vous êtes reconnaissants[4]. ». Il faut prendre soin de la bonne formation de l’enfant dans l’espoir de voir naitre une génération qui observe les droits d’Allah et respecte les droits des parents, de la patrie et de la société.

L’Islam accorde un intérêt particulier à l’éducation de l’enfant pour lui assurer une vie heureuse dans l’ici-bas et à l’au-delà. Il s’intéresse même au milieu où il doit être élevé. Il recommande à l’homme de choisir une épouse pieuse pour que l’enfant soit élevé dans une atmosphère islamique où règne le bonheur familial. A ce propos, le Prophète dit : « Choisis la femme pieuse ainsi tu seras gagnant. ».

L’Islam s’est intéressé au sujet de l’enfant avant l’apparition des organisations internationales qui défendent les droits de l’enfant. L’intérêt porté par l’Islam à ce sujet s’explique par le fait que l’enfance est une phase importante et critique dans la vie de l’être humain ; car il s’agit d’une phase préparatoire à la maturité et à la formation de la personnalité. L’Islam a établi les législations qui protègent les droits de l’enfant pour qu’il puisse être un membre efficace dans sa famille et la société toute entière. Le soin accordé par l’Islam à l’enfant commence dès son développement dans le ventre de sa mère. Il lui assure des droits qui doivent être respectés par les deux parents et interdit toute atteinte à son être durant sa vie fœtale. Il a interdit l’avortement et imposé à la femme enceinte de prendre soin de son fœtus tout au long de la période de la grossesse. Il a permis à la femme enceinte de rompre le jeûne de Ramadan si elle a des craintes pour la santé du fœtus. Anas rapporte que le Prophète dit :

 « Allah autorise au voyageur de raccourcir la prière et à l’enceinte et à la nourrice de rompre le jeûne[5]. ».

 De plus, l’Islam recommande aux deux parents de bien choisir le nom de leur enfant. A ce propos, Abu ad-Darda’ rapporte que le Prophète dit : « Au jour du Jugement Dernier, vous serez appelés par vos prénoms et les prénoms de vos parents. Choisissez donc bien vos prénoms ! ». Dans le même sens, Nafi rapporte d’après Ibn ‘Omar que le Prophète dit : « Les prénoms les plus préférés pour Allah sont ‘Abdullah et ‘Abdul Rahman[6]. ».  L’Islam a institué des rites à observer à la naissance d’un enfant : « Le sacrifice (‘Aqiqa) à l’occasion de la naissance d’un enfant doit avoir lieu le septième jour de la naissance où on lui rase la tête et on lui donne un nom[7]. ». Le Prophète réprouvait les mauvais noms qui provoquent le dégoût : « Ne donnez pas à vos enfants le nom Rabaha, Yasara, Aflaha ou Nafi’a[8]. ». En effet, L’Islam nous interdit de donner un mauvais nom à l’enfant pour ne pas le choquer et ébranler la confiance en soi. Un homme vint voir Omar Ibn al-Khattab pour se plaindre de son fils désobéissant. Omar fit venir le fils et le mit en garde contre le fait de désobéir à son père.

– « Ô Emir des Croyants, un fils n’a-t-il pas des droits sur son père ? », dit le fils.

         – « Si », répondit Omar.

         – « Lesquels, ô Emir des Croyants ? ».

  – « Il doit bien choisir sa mère, lui donner un nom convenable et lui apprendre le Coran. », dit Omar.

– « Mon père n’a rien fait de tout cela. Ma mère est une esclave dont l’ancien maitre est un adorateur du Feu. De surcroit, il m’a appelé Djo’l (scarabée) et il ne m’a rien appris du Coran, pas même une seule lettre. », rétorqua le fils.

Omar se tourna alors vers l’homme et lui dit : « Tu es venu te plaindre de l’ingratitude de ton fils. Mais avant qu’il ne soit ingrat envers toi, tu as fait preuve d’ingratitude envers lui et tu lui as fait du mal avant qu’il ne t’en fasse. ».

Sofiane ath-Thawry dit : « Le droit de l’enfant sur son père, c’est de lui choisir un beau nom, de le marier une fois devenu pubère et de l’éduquer bien. ». Sans doute, le beau nom donné à l’enfant l’aide à mener une vie non troublée par la moquerie et la raillerie et lui assure la quiétude psychologique et la paix intérieure.

En outre, l’Islam a déterminé la période de l’allaitement dont doit profiter l’enfant. A ce propos, Allah, le Très-Haut, dit dans le Coran : « Les mères qui veulent parfaire l’allaitement de leurs bébés les allaiteront deux années entières. Le père de l’enfant est tenu de pourvoir à la nourriture et à l’habillement de la mère d’une manière convenable. Mais à l’impossible nul n’est tenu, et un enfant ne doit pas être une source d’ennuis pour la mère ni pour le père. La même obligation incombera, le cas échéant, aux héritiers du père. Si les parents décident d’un commun accord de sevrer leur enfant, cela n’implique aucun inconvénient. De même qu’aucune faute ne vous sera imputée, si vous mettez votre enfant en nourrice, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue. Craignez Dieu, et sachez qu’Il voit parfaitement ce que vous faites[9] ! ».

Dans ce verset, Allah, Exalté soit-Il, ordonne à la mère d’allaiter son enfant pour une période de deux ans. Dans cet âge, l’enfant a besoin d’une nutrition propre à lui et qui est de nature à bien former son corps ; sachant que le lait de la mère est le plus nourrissant et le plus approprié à la nutrition de l’enfant. Mais si la mère est empêchée par la maladie d’allaiter son bébé ou bien l’enfant s’abstient de prendre le sein de sa mère, dans ce cas, le père doit chercher une nourrice pour son enfant contre un salaire. Un nombre d’études médicales et psychologiques prouvent que la période d’allaitement désignée par l’Islam est nécessaire pour que le développement physique et psychique de l’enfant se réalise d’une façon exemplaire. Ces études prouvent également que durant cette période l’enfant, attaché à sa mère, goûte la tendresse, la quiétude et la paix intérieure.

En élevant l’enfant, il faut être tendre à son égard et éviter de le rudoyer. La mère des croyants Aicha rapporte que le Prophète lui dit : « O Aicha ! Dieu est doux et Il aime la douceur. Il donne pour la douceur ce qu’il ne donne pas pour la violence ni pour toute autre chose. ». En effet, la correction corporelle sème souvent la haine dans l’esprit de l’enfant et fait de lui une personne rebelle aux conseils de son éducateur. On rapporte quelques hadiths où le Prophète avait l’habitude de chatouiller ses petits-fils al-Hassan et al-Hussein et de les porter sur ses épaules. Toujours le Prophète adoptait la douceur et la tendresse dans toute sa conduite. Ibn Burayda rapporte d’après son père ce hadith : « Un jour pendant que le Prophète prêchait du haut de son minbar que ses petits-fils al-Hassan et al-Hussein sont entrés dans la mosquée en trébuchant. Le Prophète est descendu pour les porter en murmurant cette parole divine : « Certes comme l’a dit notre Seigneur : « Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation pour vous[10]. ». S’adressant aux fidèles, le Prophète dit : « J’ai vu mes petits marcher en trébuchant. Hors de moi, je me suis vu descendre pour les porter[11]. ».

L’éducateur, père, mère ou autre, doit suivre l’exemple du Prophète et adopter à l’égard de l’enfant une conduite douce et tendre. Il doit corriger ses fautes avec sagesse et habileté et éviter, en le corrigeant, de le brutaliser. La correction physique enracine dans l’enfant la peur, la lâcheté, la timidité excessive et l’hésitation et lui cause des troubles psychologiques très graves. Al-Ahnaf Ibn Qays dit : « Ne sois pas rigide à l’égard de ton enfant pour qu’il n’espère te voir disparaitre de sa vie. ». Pourtant, la punition s’avère parfois importante ; mais elle ne doit pas être adoptée à chaque faute commise par l’enfant.

L’Islam nous recommande également d’établir l’égalité entre nos enfants. En effet, la justice et l’égalité représentent un principe islamique fondamental comme l’indique bien ce verset coranique : « Ô vous qui croyez ! Soyez fermes dans l’accomplissement de vos devoirs envers Dieu, et impartiaux quand vous êtes appelés à témoigner ! Que l’aversion que vous ressentez pour certaines personnes ne vous incite pas à commettre des injustices ! Soyez équitables, vous n’en serez que plus proches de la piété ! Craignez Dieu ! Dieu est si bien Informé de ce que vous faites[12]. ».

Le Prophète ordonne aux deux parents d’adopter ce principe en se comportant avec leurs enfants. Al-Nu’mân Ibn Bachir rapporte : « Mon père m’offrit quelque chose et ‘Umra Bent Rawâha, ma mère, lui dit : « Je n’accepterai cela qu’une fois que tu auras fait témoigner le Messager d’Allah de ton geste. ». Mon père se rendit alors auprès du Messager d’Allah et lui dit : « J’ai offert quelque chose au fils que j’ai avec ‘Umra Bent Rawâha, mais cette dernière m’ordonna de te faire témoigner de mon geste, O Messager d’Allah. ». Le Prophète lui demanda : « As-tu donné la même chose à tes autres enfants ? » – « Non. », répondit-il. Le Prophète dit alors : « Craignez Allah et soyez équitables avec vos enfants[13]. ».

L’équité à l’égard des enfants enracine en eux la valeur de la fraternité et fait d’eux des membres efficaces dans la société. En revanche, l’iniquité à leur égard fait d’eux des enfants désobéissants à leurs parentes et sème dans leur esprit une haine réciproque. Un nombre d’études psychologiques prouvent que les troubles psychiques et sociaux qui frappent l’enfant sont dus à son sentiment d’injustice et d’inégalité.  L’histoire du Prophète Youssef et de ses frères en est une remarque révélatrice : « Joseph et son frère sont plus chers à notre père que nous, bien que nous soyons plus nombreux qu’eux. C’est là une préférence injuste de sa part. Tuez donc Joseph, dirent-ils, ou éloignez-le quelque part, et de cette façon vous jouirez tout seuls de l’affection de votre père et vous serez, après sa disparition, des gens bien considérés[14]. ».

L’Islam ordonne également aux deux parents de donner à l’enfant une éducation religieuse qui le met à l’abri des tentations et des voies du mal : « Ô vous qui croyez ! Préservez vos personnes et vos familles de l’Enfer qui se nourrit d’hommes et de pierres, et dont la garde est assurée par des anges inflexibles et sévères, qui ne désobéissent jamais à leur Seigneur et qui exécutent tout ce qu’Il leur ordonne[15]. ».

Apprendre à l’enfant les enseignements et les principes religieux est une obligation religieuse et fait partie des droits de l’enfant sur ses deux parents. Dans ce sens, Ibn ‘Abass nous rapporte ce hadith : « Un Compagnon dit au Messager d’Allah : « O Messager d’Allah ! Nous avons déjà appris les droits des parents sur leur enfant ; mais nous ne savons pas encore les droits de l’enfant sur ses deux parents. », et le Messager de répondre : « C’est de lui donner un beau nom et de l’éduquer bien. ».

L’éducation donnée à l’enfant doit se faire avec douceur et délicatesse comme le faisait le Prophète. Ibn ‘Abass dit : « J’étais une fois assis en croupe sur la monture du Prophète quand il me dit : « Jeune homme ! Je vais t’enseigner ces quelques paroles : Observe les commandements de Dieu et Dieu te préservera. Observe les commandements de Dieu et tu trouveras Dieu à tes côtés. Quand tu demandes quelque chose, demande-la à Dieu. Quand tu as besoin d’aide, demande-la à Dieu. Sache que si tout le monde s’associait pour te faire du bien, ils ne pourront le faire que le bien que Dieu a déjà écrit pour toi. Que s’ils se coalisaient tous pour te faire du mal, ils ne pourraient te faire que le mal que Dieu a déjà écrit pour toi. Les plumes du destin se sont depuis longtemps arrêtés d’écrire et l’encre des pages (du destin) est désormais bien sèche[16]. ». Dans un autre hadith, le Prophète met l’accent sur l’importance de la douceur en éduquant l’enfant : « Alors que j’étais enfant sous la charge du Prophète, [durant un repas,] ma main se promenait autour du plat, le Prophète me reprit en ces termes : « O enfant, mentionne le Nom de Dieu [avant de commencer], mange de la main droite et mange ce qui se trouve devant toi[17]. ».

L’imam al-Ghazali dit : « L’enfant est un dépôt confié aux deux parents. Il est né pur et innocent. Il faut l’habituer à faire le bien pour qu’il soit heureux dans la vie d’ici -bas et dans celle de l’au-delà. ».  Donc, les parents ou l’éducateur doivent être, pour l’enfant, un exemple à suivre. Ils doivent se parer de bons caractères et être conscients que l’enfant imite leur conduite, bonne ou mauvaise. A cet effet, un poète arabe dit :

La conduite de l’enfant est le reflet de ce que ses deux parents lui ont déjà appris.

 Il est à noter également que l’enseignant à l’école joue un rôle important dans l’éducation de l’enfant. Il représente, en fait, les valeurs de la société et il doit éduquer les enfants sur les valeurs et les traditions de la société où ils vivent. En effet, la bonne formation de l’enfant est la responsabilité de toute la société et il incombe à chacun de nous d’assumer bien cette responsabilité sociale : « Vous êtes tous comme des bergers à qui on demanderait compte de leurs troupeaux. Le chef est un berger, l’homme est le berger de sa propre famille, la femme est la bergère de la maison de son mari et de ses enfants. Vous êtes tous bergers et vous êtes tous responsables de l’objet de votre garde[18]. ».

Enfin, nous devons aspirer à un avenir meilleur pour nous et nos enfants. Nous ne pouvons pas vivre sans espoir. Le pessimisme, la déception, le découragement sont au regard de l’Islam des péchés majeurs comme l’indique bien ce hadith : ‘Abdullah Ibn ‘Abass rapporte qu’un homme est venu interroger le Prophète : « O Messager d’Allah ! Quels sont les péchés majeurs ? », « Donner à Allah un associé et désespérer de Sa bonté et Sa miséricorde. Quiconque s’en met à l’abri entrera certes au Paradis. ».

[1] Coran, ach-Chura, 49-50

[2] Coran, al-Kahf, 46.

[3] Coran, Ibrahim, 39-40.

[4] Coran, Ibrahim, 7.

[5] Rapporté par An-Nassai.

[6] Sunan Abu Daoud.

[7] Sunan at-Termizi.

[8] Sahih Muslim.

[9] Coran, al-Baqara, 233.

[10] Coran, at-Tagaboun, 15.

[11] Sunan an-Nissai.

[12] Coran, al-Ma’ida, 8.

[13] Rapporté par al-Boukhari.

[14] Coran, Youssef, 8, 9.

[15] Coran, at-Tahrim, 6.

[16] Rapporté par at-Termizi.

[17] Rapporté par Muslim.

[18] Recueil d’al-Boukhari.