La conception de la migration entre le passé et le présent

Louange à Allah, Seigneur de l’Univers, Qui dit dans Son Noble Livre : «Si vous ne lui portez pas secours… Allah l’a déjà secouru, lorsque ceux qui avaient mécru l’avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon : ‹Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous.› Allah fit alors descendre sur lui Sa sérénité ‹Sa sérénité› et le soutint de soldats (Anges) que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d’Allah eut le dessus. Et Allah est Puissant et Sage..» J’atteste qu’il n’y a point de divinité en dehors d’Allah, l’Unique sans aucun associé, et que notre maître et prophète Mohamad est Son serviteur et Messager. O Allah, accorde Ton Salut et Tes Bénédictions à lui, à sa famille, ses compagnons et ceux qui leur suivent d’une rectitude jusqu’au Dernier-Jour.

Ensuite…

Lorsque s’aggrava la nuisance lancée contre les compagnons du prophète (SBL) à la Mecque, il leur donna autorisation à la 5ème année de la mission d’émigrer vers l’Abyssinie leur disant : « sur ce pays règne un souverain juste, auprès de lui, personne n’est à subir de l’injustice. Fuyez donc à son pays jusqu’à ce qu’Allah vous fasse une issue de votre malheur ». Certains compagnon allèrent donc en Abyssinie où ils se trouvaient en très bonne situation, jouissaient du bon voisinage, étaient sécurisés en matière de leur religion et adoraient leur Seigneur. Informés que les mecquois embrassèrent, ils décidèrent de regagner la Mecque. Etant donné qu’il s’agissait d’une fausse information, où ils subirent de nouveau la nuisance, le prophète (SBL) leur donna de nouveau autorisation d’émigrer, ils l’exécutèrent vers l’Abyssinie. Parmi leurs grandes figures il y avait Jaffé Ibn Abou Taleb (qu’Allah l’agrée).

Lorsque Qoraïche fut informée que les compagnons du prophète vivaient en paix, grandeur et protection, à côté de ce souverain juste, elle voulut les rendre à la Mecque. On envoya des émissaires à Négus lui réclamant de leur rendre les musulmans. Ce roi dit : par Allah, je ne rends point des gens qui demandèrent refuge auprès de moi et préférèrent mon voisinage sur tout autre avant de les interpeler et écouter d’eux. Jaffer Ibn Abou Taleb se leva pour réfuter les prétendues de Qoraïche en disant : ô Majesté, nous étions un peuple qui adorait les idoles, mangeait de la bête morte, prenait pour licite les interdits, commettait les turpitudes, rompait les liens de parenté, s’entretenait mal avec les voisins et le plus fort écrasait le plus faible. Nous subsistions ainsi jusqu’à ce qu’Allah nous envoya un messager de nous dont nous connaissons la généalogie, la véridicité, l’honnêteté et la chasteté. Il nous appela à adorer Allah sans Lui rien associer et d’abandonner les idoles et statues que nous adorions au-delà de Lui. Il nous ordonna de dire vrai, d’observer le dépôt, garder le lien de parenté, de nous entretenir bien vis-à-vis du voisinage, d’immuniser les interdits et les sangs. Il nous prohibé les turpitudes, le faux témoignage, la consommation des biens des orphelins et d’accuser sans preuve la femme chaste de la fornication. Il nous ordonna de vouer culte uniquement à Allah sans Lui rien associer, de faire la salat, de nous acquitter la zakat et observer la jeûne. Jaffer se mit à lui citer successivement les piliers de l’islam et reprit : nous le crûmes et suivîmes ce qu’il nous ordonna. Nous adorâmes uniquement Allah, sans Lui rien associer, prîmes licite ce qu’Allah fit licite et illicite ce qu’Il fit illicite. Notre peuple nous transgressa, fit subir le tourment et tenta de nous dérouter de notre religion pour nous rendre à l’idolâtrie et nous pousser à prendre de nouveau les mauvaises actions. Lorsqu’ils nous vainquirent, lésèrent, tourmentèrent et séparèrent entre nous et nore religion, nous sortîmes à votre pays, vous préférâmes sur tout autre, désirâmes votre voisinage et espérâmes de ne subir point d’injustice auprès de vous. Négus lui répliqua : as-tu un passage de ce qu’Allah révéla à ce prophète ? Oui, répondit Jaffer. Récite-le donc, dit Négus. Jaffer lui récita le début de la Sourate Marie. Négus pleura jusqu’à ce que sa barba fût mouillée des larmes, ses évêques firent de même en écoutant la récitation. Négus dit alors : par Allah, cet énoncé sort de la même niche de laquelle sortit l’énoncé de Jésus. Allez-y émissaires, par Allah, je ne les-vous rendrai jamais.

Méditant avec perspicacité les deux migrations vers l’Abyssinie on réalise que la migration des premiers musulmans n’était pas du pays de la mécréance vers celui de la croyance. Le principe-clé est de défendre les patries et de ne point les laisser en proie à un injuste ou un agresseur. Il s’agissait plutôt d’une migration d’un pays de peur vers un pays de sécurité. Négus, le souverain de l’Abyssinie n’était pas, à l’époque, musulman. Mais, il était un roi juste sous lequel les gens étaient sécurisés pour leurs âmes, confessions et biens. C’est pourquoi on dit : Allah secoure l’Etat juste, mécréant soit-il, et ne secoure point l’Etat injuste, musulman soit-il. Le régime pourrait subsister en dépit de la mécréance, mais il ne subsiste point en présence de l’injustice, alors que l’Etat injuste ne subsiste pas même ‘il est gouverné par un musulman. Notre prophète (SBL) mit le gouverneur juste dans une sublime position le Dernier-Jour, en tête des sept catégories qui seront ombrées par l’Ombre exclusive d’Allah, Gloire à Lui. C’est par la justice du gouverneur qui se réforme la société entière et c’est à cause de son injustice qu’elle se corrompe.

Lorsqu’Allah, Gloire à Lui, donna autorisation à Son prophète (SBL) de faire la migration vers Médine, le prophète sortit muni du Secours providentiel d’Allah, Gloire à Lui. Cela est dû au fait que la migration fut une évolution positive vers la fondation de l’Etat, la concrétisation de la coexistence pacifique, de la fraternisation, de l’union du rang, ce pour que le prophète (SBL) puisse transmettre son message au monde entier. Dans ce contexte Allah, Gloire à Lui, dit : «Si vous ne lui portez pas secours… Allah l’a déjà secouru, lorsque ceux qui avaient mécru l’avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon : ‹Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous.› Allah fit alors descendre sur lui Sa sérénité ‹Sa sérénité› et le soutint de soldats (Anges) que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d’Allah eut le dessus. Et Allah est Puissant et Sage.»

A l’an 8 de l’Hégire, Allah accorda une victoire éclatante à Son prophète par la prise de la Mecque, les gens se convertirent en grandes masses à la religion d’Allah. Ainsi, la migration change de conception, de sa signification limitée et serrée vers d’autres notions plus vastes et illimitées pour renfermer tous les domaines de a vie. A la suite de la prise de la Mecque, prit fin la migration d’un pays vers un autre, après ce que ce passage fût une obligation aux moments de la faiblesse. Allah, Gloire à Lui, dit : «Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : ‹Où en étiez-vous ? › (À propos de votre religion) – ‹Nous étions impuissants sur terre›, dirent-ils. Alors les Anges diront : ‹La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer?› Voilà bien ceux dont le refuge et l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! » Après la prise de la Mecque, la sentence de la migration changea en fonction du dire du prophète (SBL) : « point de migration après la victoire éclatant, il s’agit juste du djihad et de la bonne intention ».

Lorsque SafIwan Ibn Omiya se convertit à, l’Islam, on lui dit alors qu’il se trouvait aux Hauts-de-la Mecque : point de vraie religiosité pour celui qui n’émigre pas. Il dit : je n’atteindrai ma maison avant d’aller à Médine. il y arriva et se logea chez Al Abbas Ibn Abdel Motaleb (qu’Allah l’agrée), puis vint au prophète (SBL) qui lui dit : « pourquoi es-tu venu ô Abou Wahb ? » Safwan répondit : on m’informa qu’il n’y point de vraie religiosité pour celui qui n’émigre pas.  Le prophète (SBL) de répliquer : « ô Abou Wahb, reviens aux Hauts-de-la Mecque observe bien la religion, car la migration fit fin à la suite de la victoire éclatante et il ne reste que le djihad et la bonne intention ». Notre prophète (SBL) dit également : « le musulman est celui dont de la langue et de la main les musulmans sont sécurisé et le migrant est celui qui s’abstient de ce qu’Allah interdit ».

Partant de cela, on affirme que l’ordre d’émigrer de la Mecque à Médine est épuisé lors de la prise de la Mecque. En revanche, tous les sublimes sens de la migration subsistent encore et desquels il faut s’engager. Le prophète (SBL) établit le principe selon lequel la vraie migration est une évolution positive vers le mieux, tels passer de l’oisiveté et de l’inertie vers le travail et la production, de l’égoïsme, de l’individualisme et du racisme vers l’altruisme, la vraie fraternité humaine et la croyance en variation.  I faut aussi admettre  le droit de l’homme de choisir avec libre arbitre sa confession, d’observer les rapports du bon voisinage, œuvrer pour construire l’homme du point de vue doctrinal, scientifique, intellectuel, comportemental,  éthique, économique et social d’une façon adéquate. Un tel homme bien formé construirait l’Etat, créerait les civilisations, réaliserait l’intérêt pour l’humanité entière et préserverait la dignité humaine sans égard pour aucune autre considération.

La bonne compréhension de la signification de la vraie migration ininterrompue au fil des temps, exige qu’elle se fasse de l’ignorance vers la science, de l’égarement vers la guidée, des mauvaises moralités vers celles bonnes et de la corruption vers la réforme et la réformation. Cela est susceptible de contribuer à créer la civilisation et de peupler l’univers. Notre religion est celle de la construction et du peuplement. Allah, Gloire à Lui, dit : « c’est Lui qui vous créa de la terre e vous exigea de la peuple ». Notre communauté est celle du travail, non pas de la paresse, de construction, non point de destruction, de civilisation et est très loin de l’arriération.

Il faut que tout musulman qui aime sa patrie et sa religion et en est fier, œuvre pour élever le drapeau de sa religion et de sa patrie loin de l’extrémisme, de l’égarement et de la migration vers les groupes intégristes en quête du faux djihad sous des drapeaux tendancieux et falsifiés. Il faut également éviter la migration clandestine qui mène à la perte ou à l’humilité, cette migration loyalement incriminée et religieusement condamnée. L’immunité des patries est l’homologue de celle des maisons. Autant qu’il est interdit d’accéder à une maison sans autorisation de son maître, il est interdit de faire accès à un pays sauf via les procédures légales. Comme personne n’accepte pas qu’une personne entre clandestinement dans son pays, il faut qu’on n’accepte point cela contre n’importe quel autre pays.

Disant cela, j’implore le Pardon d’Allah aussi bien pour moi que pour vous.

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Louange à Allah, Seigneur de l’Univers, que le salut et les bénédictions d’Allah soient accordés au prophète honnête, à sa famille, ses compagnons et ce qui leur suit d’une rectitude jusqu’au Dernier-Jour.

Ensuite… mes frères en islam !

A cette noble occasion il ne faut pas oublier de rappeler que le mois divin Al Moharram est l’un des mois sacrés, au cours duquel il est recommandable d’observer le jeûne facultatif. Le prophète (SB) dit : « au-delà de la salat prescrite, la meilleure salat est celle à accomplir en pleine nuit, au-delà du mois de Ramadan, le meilleur jeûne se trouve dans le mois d’Al Moharram » surtout son dixième jour. A ce propos le prophète (SBL) dit : « je compte qu’Allah absout les péchés d’an passé et d’un autre à venir grâce à l’observation du jeûne le 10.ème jour d’Al Moharram ».

A son arrivée à Médine, le prophète (SBL) vit que les juifs observaient le carême le 10ème jour d’Al Moharram. Il interrogea : « pourquoi ?» Ils répondirent : c’est un jour béni au cours duquel Allah sauva les israélites de leur ennemi, donc, Moïse y observa le jeûne. Le prophète (SBL) dit : « nous sommes plus aptes de suivre Moïse que vous ». Il y observa le jeûne t’ordonna aux musulmans de faire de même. Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée, lui et son père) dit : lorsque le prophète (SBL) observa le jeûne du 10ème jour d’Al Moharram et ordonna de le faire, on lui dit :ô Messager d’Allah, c’est un jour auquel les juifs et les chrétiens rendent hommage. Le prophète de répliquer : « l’an prochain, si Allah le Veut, nous observerons le jeûne le 9ème et le 10ème jours d’Al Moharram ». C’est donc un acte de Sunna d’observer le jeûne du 10ème jour d’Al Moharram. Pour parfaire cet acte, on observe le jeûne du 9ème jour aussi.

Nous implorons Allah de nous orienter vers ce qu’Il aime et agrée et de faire du nouvel an d’Hégire une année de bien, de bénédiction, de triomphe et de victoire aussi bien pour l’Egypte que pour tous les pays musulmans.