L’Islam est la religion du travail et du progrès

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     Allah, le Très-Haut, a parfait la création de l’homme et lui a assuré toute sa dignité. Il l’a préféré aux autres créatures et mis toutes les richesses de l’univers à sa disposition. A ce propos, Allah dit : « Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons portés sur terre et sur mer. Nous leur avons procuré d’agréables nourritures. Nous leur avons donné la préférence sur beaucoup d’autres de Nos créatures[1]. », « C’est Lui qui a créé pour vous tout ce qui existe sur la Terre et qui, ensuite, S’est occupé du firmament, pour en tirer avec harmonie sept Cieux, dans Sa science infinie[2]. ». Cet hommage divin rendu à l’homme a fait de lui le lieutenant d’Allah sur terre comme l’indique cette expression coranique : « Puis vint le jour où ton Seigneur dit aux anges : « Je vais installer un représentant khalîfa sur la Terre. » Et les anges de repartir : « Vas-Tu établir quelqu’un qui y fera régner le mal et y répandra le sang, alors que nous chantons Ta gloire et célébrons Tes louanges ? » Le Seigneur leur répondit : « Ce que Je sais dépasse votre entendement[3]. ».

    Outre l’obligation d’adorer son Seigneur, l’homme est chargé de réaliser la prospérité de la terre et de tirer profit de ses ressources et de ses trésors précieux. Allah dit : « C’est Lui qui vous a formés de la terre et qui vous y a établis[4]. ».

    Allah, le Très-Haut, ordonne à l’homme de déployer des efforts, de chercher les causes du succès et d’éviter la paresse et l’oisiveté : « N’est-ce pas Lui qui vous a soumis la Terre ? Parcourez donc ses grandes étendues et mangez de ce que Dieu vous a octroyé. C’est vers Lui que se fera votre retour[5]. ».

  Alors, l’homme est tenu de travailler et de faire un effort jusqu’au dernier instant de sa vie comme le recommande le Prophète dans le hadith rapporté par Anas Ibn Malek : « Si l’Heure du Jour Dernier sonne alors que l’un d’entre vous tient un palmier dans sa main, qu’il s’empresse de le planter autant que possible[6]. ». Donc, l’Islam est une religion qui appelle au travail et à la bonification de la terre même aux moments difficiles de la vie de l’homme. Sans doute, le travail est l’artère de la vie et le moyen efficace par lequel on peut réaliser le progrès de sa nation.

   Il est à noter que l’Islam accorde un intérêt particulier à l’apprentissage sous toutes ses formes ; car il le considère comme le moyen par lequel se réalise le développement sur terre. Il a recommandé à ses adeptes de travailler et de parcourir la terre pour chercher les moyens de leur subsistance. Al-Meqdam rapporte que le Prophète dit : « La nourriture la plus bénie est celle acquise à la sueur de son front. Le Prophète David mangeait de ce que produisaient ses mains[7]. ».

   En Islam, le travail jouit d’un caractère sacré et méritoire et revêt le statut de l’adoration généreusement récompensée. Dans un nombre considérable de versets, on remarque que l’ordre divin de parcourir la terre pour chercher les moyens licites de subsistance vient tout après l’ordre d’accomplir la prière : « Une fois la prière achevée, répandez-vous sur la Terre, à la recherche des bienfaits de votre Seigneur, sans oublier d’en invoquer souvent le Nom ! Peut-être y trouverez-vous une source de bonheur[8]. ». Après l’accomplissement de la prière du vendredi, ‘Irak Ibn Malek avait l’habitude de dire en sortant de la mosquée : « Seigneur ! J’ai répondu à Ton appel et accompli votre obligation. Et me voilà je cherche les moyens de ma subsistance comme Tu me l’a avais ordonné. Procure-moi ma subsistance, je vous en supplie ; Tu es le Seul qui donne à profusion ! ».

    Dans plusieurs endroits du Coran et de la Sunna, il y a une exhortation évidente au travail en tant que moyen assurant à l’homme sa dignité et son mérite. Abu Horayra rapporte que le Prophète a dit : « Il vaut mieux ramasser une botte de bois pour la vendre et en tirer subsistance que de mendier et de demander l’aumône aux gens[9]. ». Un jour, Sofyan ath-Thawry a vu des gens assis au sein de la Mosquée sacrée. Il leur a dit : « Pourquoi vous êtes là ? » et eux de répondre : « Que devons-nous faire alors ? », « Allez chercher votre subsistance et ne soyez pas des paresseux pris en charge par les hommes charitables de la communauté ! ». Recommande Sofyan.

     Le Prophète était entouré de ses compagnons lorsque passa un homme plein de vivacité et d’énergie. Les Compagnons ont dit au Prophète : « Heureux cet homme s’il travaille pour la Face d’Allah ! ». Alors, le Prophète s’est adressé à eux en disant : « S’il travaille pour nourrir ses enfants ou ses parents âgés, son acte figure parmi les actes faits dans le sentier d’Allah. S’il travaille pour se suffire à lui-même et éviter de demander l’aumône à personne, il accomplit par-là un acte dans le Sentier d’Allah. Mais s’il quitte sa maison pour tirer vanité de sa force et de son énergie, il travaille alors pour le compte de Satan[10]. ».

       L’Islam ne se contente pas d’ordonner à ses adeptes de travailler ; mais il leur ordonne également de parfaire leur travail pour obtenir l’agrément d’Allah. A cet égard, le Prophète dit : « Allah, le Très-Haut, aime que lorsque l’un de vous fait un travail qu’il le fasse bien[11]. ». En effet, parfaire le travail figure parmi les principes et les valeurs essentielles de l’Islam ainsi que parmi les objectifs de la religion. Par le travail bien achevé, on obtient l’agrément d’Allah qui a parfait Sa création : « C’est l’œuvre de Dieu qui a tout façonné à la perfection et qui est si bien Informé de tout ce que vous faites[12]. », « Agissez de la manière la plus parfaite et judicieuse, Dieu aime les gens bons et judicieux[13]. », « Emploie plutôt les richesses que Dieu t’a accordées pour gagner l’ultime demeure, sans pour autant renoncer à ta part de bonheur dans ce monde. Sois bon envers les autres comme Dieu l’a été envers toi ! Ne favorise pas la corruption sur la Terre, car Dieu n’aime pas les corrupteurs[14]. ».

     Dans plusieurs versets coraniques, Allah, le Très-Haut, a appelé à la perfection du travail et à la recherche de Son agrément. Egalement, Il a appelé à la coopération entre tous les membres de la société et promet aux fidèles qui perfectionnent leur travail une récompense généreuse dans la vie d’ici-bas et dans celle de l’Au-delà. En accomplissant son travail, l’homme doit être conscient qu’il est soumis à la surveillance d’Allah qui connait parfaitement les secrets et les visées de chacun de nous et qui nous en demandera compte le Jour Dernier :

     « Quel que soit l’état dans lequel tu te trouves, quel que soit le passage du Coran que tu récites, quelque œuvre que vous accomplissiez, Nous en sommes toujours Témoin à l’instant même où vous vous y engagez, car rien n’échappe à ton Seigneur : ni le poids d’un atome sur Terre ou dans le Ciel, ni un poids plus infime ou plus grand. Tout est inscrit dans un Livre évident[15]. ».

      Dans son usine, sa ferme ou dans son magasin, l’homme est toujours surveillé par son Seigneur comme l’indique bien ce verset : « Dis-leur : « Agissez ! Dieu appréciera vos œuvres, ainsi que le Prophète et les croyants. Et quand vous serez ramenés vers Celui qui connaît l’invisible et l’apparent, Il vous renseignera sur ce que vous aurez fait[16]. ». De leur côté, les exégètes estiment que ce verset implique à la fois une menace et une promesse et qu’il anime dans la conscience de l’homme la crainte de Dieu et la peur de Son châtiment. A ce propos, il convient de rappeler la parole de Zuhayr :

     Quoique l’homme cache aux gens son mauvais caractère, tôt ou tard tout le monde en sera au courant.

    En effet, la valeur de la perfection représente un caractère inhérent à la nature de l’Islam qui le recommande également même dans l’acquittement des actes du culte. Pour la prière par exemple, on choisit l’imam qui a appris le Coran par cœur et qui maîtrise ses règles de récitation. Le Prophète a promis à cet imam qui parfait sa récitation coranique une récompense généreuse. Plus encore, il a ordonné à la personne chargée des préparatifs funèbres de parfaire son travail en disant : « Que celui chargé des préparatifs funèbres de son frère, qu’il le fasse bien[17] ! ». ‘Asem Ibn Kolayb al-Djarmi rapporte que son père lui dit : « J’ai assisté avec mon père aux funérailles auxquelles le Prophète a participé lui-même. A l’époque, j’étais encore enfant ; mais capable de discerner les choses qui se passaient autour de moi. Auprès de la tombe non encore préparée à l’enterrement, le Prophète a dit aux gens : « Faites bien la tombe de ce mort ! ». Ayant entendu cet ordre, les gens ont pensé qu’il s’agissait d’une tradition prophétique à suivre. ». Tournant le regard vers eux, le Prophète a dit : « Ceci ne profite en rien au mort ; mais Allah aime de vous la perfection du travail[18]. ». Et par conséquent, le fidèle qui ne fait pas bien son travail est un pécheur pour avoir causé la ruine de la fortune et la perte des efforts déployés. L’employé qui néglige son travail et se permet d’obtenir un salaire illicite verra le Jour Dernier se dresser contre lui tout un peuple. Sur cette catégorie de personnes retombe le péché de l’arriération de la communauté. A ce propos, ‘Omar dit : « Auprès de Dieu je porte plainte contre la faiblesse du fidèle et la perfidie du fort ! ».

     D’ailleurs, l’Islam a lutté contre tous les aspects du découragement et de la paresse qui font avorter les tentatives du développement et du progrès. Il a jugé vicieuse la paresse et voit en elle une forme d’hypocrisie : « Ils ne se rendent qu’avec nonchalance à la salât et ne font l’aumône qu’à contrecœur[19]. ». La paresse, en réalité, est une forme de passivité très dangereuse et un fléau qui menace la communauté et provoque son déclin par rapport aux autres nations. C’est un mal qui fait perdre à l’homme son caractère humain. A cet effet, l’imam ar-Ragheb : « Tout paresseux oisif se dépouille de son caractère humain et finit par devenir insensible comme un mort[20]. ». Pour toutes ces considérations, le Prophète avait l’habitude de demander refuge auprès d’Allah contre la presse et la mollesse : « Seigneur ! Je Te demande refuge contre l’impuissance, la paresse, la lâcheté, la vieillesse et l’avarice. Je sollicite Ta protection contre les supplices de la Tombe et les tentations de la vie et après la mort[21]. ».

     La paresse fait de l’homme un être toujours dépendant des autres et toujours incapable d’assumer ses responsabilités d’un être humain. Son mal sévit dans toute la société. A cet effet, l’imam ‘Ali : « La paresse et l’impuissance donnent accès à la misère et à l’indigence. Et qui ne fait rien ne trouve rien et finit par engendrer la corruption sur terre. ».

     En effet, l’Islam lutte contre la paresse et la considère comme une forme de corruption. A ce propos, Allah, le Très-Haut, dit : « Ils s’appliquent à répandre la corruption sur la Terre, alors que Dieu n’aime pas les corrupteurs[22]. », « Ne semez pas le trouble sur la Terre[23] ! ».

    En vérité, la corruption a de multiples formes dont la plus dangereuse est celle commise au nom de la religion. A notre temps, la communauté musulmane a souffert beaucoup d’une catégorie de personnes qui, au nom de l’Islam, sèment la corruption partout. Ces extrémistes tuent les innocents et portent atteinte à l’honneur et aux biens des gens. A leur sujet, Allah, le Très-Haut, dit : « Il est des gens qui te charment par les propos qu’ils tiennent sur la vie de ce bas monde, allant jusqu’à prendre Dieu à témoin de la pureté de leurs sentiments, alors qu’ils sont, au fond, les plus irréductibles des chicaneurs, [205] car, dès qu’ils te tournent le dos, ils s’empressent de semer le désordre sur la Terre, saccageant récoltes et bétail. Dieu n’aime pas les semeurs de désordre. [206] Et lorsqu’on leur dit : « Craignez Dieu ! », leur arrogance pécheresse ne connaît plus de limites. Ainsi l’Enfer aura-t-il raison d’eux. Et quelle affreuse demeure ! [207] Mais il en est d’autres qui se sacrifient pour être agréés par Dieu, et Dieu est Plein de bonté pour Ses serviteurs[24]. ».

    La corruption, sous toutes ses formes, ébranle les piliers du progrès et du développement et fait de l’homme un être passif et irresponsable. Il incombe alors à la société de lutter contre ce mal. An-No’man Ibn Bachir rapporte que le Prophète dit : « Celui qui observe les directives de Dieu et celui qui les néglige, peuvent être comparés à un groupe de personnes qui s’embarquent dans un navire. Quelques-uns parmi eux s’installent sur le pont et les autres dans la cale. Si ceux de la cale veulent boire, ils doivent monter sur le pont pour chercher de l’eau. Ils se sont dits : « Si nous creusions dans la cale un trou, nous aurions de l’eau sans déranger les autres. » Si ceux qui occupent le pont les laissent faire, ils se noieront tous. Par contre, s’ils les en empêchent, ils seront sauvés. Ils seront tous sauvés[25]. ».

    Se débarrasser des corrupteurs et assurer la sureté des routes et de l’infrastructure du pays figurent parmi les bonnes œuvres. Allah dit : « Que ne s’est-il trouvé parmi les générations d’avant vous assez d’hommes vertueux pour lutter contre la corruption sur la Terre, car, à l’exception de la petite minorité que Nous avons sauvée, les autres préféraient le luxe dont ils jouissaient et se comportaient en criminels[26]. ».

    Enfin, il convient de rappeler que la communauté musulmane est comblée des bienfaits divins. Elle possède une terre fertile et des ressources marines et minérales indispensables pour construire une nation moderne. Elle possède également la plus grande réserve pétrolière du monde et les hommes de génie et la main d’œuvre ne lui manquent pas. Il est donc de notre devoir d’investir ces richesses et ces ressources pour réaliser le bien-être et le progrès scientifique de toute la nation musulmane. Notre nation doit être une nation encourageant le travail et condamnant la paresse ; et il incombe à chaque Musulman d’œuvrer pour la sauvegarde de sa religion et la construction de sa patrie.

[1] Coran, al-Israa, 70.

[2] Coran, al-Baqara, 29.

[3] Coran, al-Baqara, 30.

[4] Coran, Hud, 61.

[5] Coran, al-Mulk, 15.

[6] Rapporté par al-Boukhari dans son ouvrage al-Adab al-Mofrad.

[7] Rapporté par al-Boukhari.

[8] Coran, al-Djom’a, 10.

[9] Rapporté par al-Boukhari.

[10] Rapporté par at-Tabarani.

[11] Rapporté par at-Tabarani.

[12] Coran, an-Naml, 88.

[13] Coran, al-Baqara, 195.

[14] Coran, al-Qasas, 77.

[15] Coran, Younes, 61.

[16] Coran, at-Tawba, 105.

[17] Rapporté par Muslim.

[18] Rapporté par al-Bayhaqi.

[19] Coran, at-Tawba, 54.

[20] Azari’a Ila Makarim ach-Charia

[21] Rapporté par Muslim.

[22] Coran, al-Ma’ida, 64.

[23] Coran, al-Baqara, 60.

[24] Coran, al-Baqara, 204-206.

[25] Rapporté par al-Boukhari.

[26] Coran, Hud, 116.